Abonné

La filière CRC à plus de 500 000 t de blé en 2019

- - 4 min

« Plus de 500 000 t » de blé CRC (Culture raisonnée contrôlée) sont prévues en 2019, ont annoncé ses responsables, marquant l’entrée dans la filière du restaurateur McDonald’s. La coopérative de Boisseaux accompagne cette hausse de production en investissant dans le stockage.

« Notre récolte 2019 devrait dépasser 500 000 t, soit 10 à 12 % du blé cultivé en France pour l’alimentation humaine », a indiqué le directeur du GIE Marc Bonnet, lors d’une présentation à la presse le 18 juin. Elle poursuivrait ainsi une forte croissance, après 376 000 t (+14 %) l’an dernier.

Tout récent membre de la filière, McDonald’s franchit « une nouvelle étape », a déclaré son directeur des achats Rémi Rocca, rappelant le rôle pionnier de l’enseigne dans la contractualisation, la traçabilité. « Le blé CRC récolté en 2019 concernera 100 % de nos petits pains », souligne-t-il. Cela représente 30 000 t de farine, 40 000 t de blé. Un approvisionnement destiné au boulanger industriel Bimbo, partenaire de McDonald’s dont il est la « cheville ouvrière » pour la stratégie agroécologique, selon le DG Christophe Blaise. « L’intérêt du blé CRC est dans l’amélioration de la qualité, la sécurité alimentaire des produits », considère-t-il. Et de citer l’interdiction des insecticides de stockage.

Stratégie agroécologique

Bimbo voit dans son adhésion à la filière une continuité par rapport aux trois piliers de la stratégie agroécologique de McDonald’s. Concernant la réduction d’impact de la fertilisation et la préservation de la ressource en eau, le cahier des charges CRC établit une liste positive d’engrais, de phytos. C’est aussi une démarche dont les pratiques agricoles sont reconnues comme favorables à la biodiversité, appuie Marc Bonnet.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La coopérative de Boisseaux (Loiret) fait partie des membres historiques de la filière CRC. « On passe en 2019 de 40 % à 80 % de surfaces en blé de force » (« à fort taux de protéines ») certifié CRC, souligne le directeur Xavier Thirouin. Pour répondre à cette hausse de production, la coopérative de Boisseaux (chiffre d’affaires autour de 15 M€, collecte de 50 000 t) investit dans des capacités de stockage, actuellement de 25 000 t. Un silo supplémentaire de 5 000 t doit entrer en service pour la récolte 2020. Cela représente 2,5 M€ d’investissement. La nouvelle installation permettra de réceptionner du blé CRC mais aussi de l’orge : « Il s’agit de s’adapter à une généralisation du zéro insecticide de stockage », explique Xavier Thirouin.

Vers le « zéro résidus de pesticides »

La filière CRC se penche d’ailleurs sur de nouvelles productions. « On souhaite aller vers d’autres cultures, comme le maïs, le colza, pour englober toute l’exploitation », avance le directeur Marc Bonnet. En parallèle, le GIE mène un plan stratégique à l’horizon 2023 qui renforce le cahier des charges. Le volet santé du consommateur prévoit à terme zéro résidus de pesticides. Une partie du chemin est déjà réalisé : « Sur 95 % des lots de blé, on ne trouve aucun phyto », affirme Xavier Thirouin, le directeur de la coopérative de Boisseaux, rappelant que les analyses sont systématiques, avec des seuils plus sévères que la réglementation. Sur le volet biodiversité, l’objectif est de contribuer à la restauration de la biodiversité. Les vastes parcelles du territoire de Beauce montrent l’ampleur de la tâche à accomplir. Des efforts sont toutefois menés. Sur son exploitation de 140 ha à Oinville-Saint-Liphard (Eure-et-Loir), Pascal Vauzelle possède 2 ha de jachères, 600 m de haies, des bandes enherbées. La coopérative de Boisseaux propose aux agriculteurs d’installer des nichoirs, de planter des arbres.

Une part de 10 à 12 % des blés écrasés par la meunerie