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La filière de la pintade parie sur la restauration et vise l’Europe

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Le comité interprofessionnel de la pintade (CIP) vient d’obtenir un financement européen pour promouvoir la consommation de cette volaille. L’enjeu est de relancer les ventes en France, notamment auprès des restaurateurs et de stopper la baisse des ventes en Europe. Une étude met en lumière l’attente forte des restaurateurs et des consommateurs pour accéder à une information précise sur l’origine des produits et leur confiance dans les éleveurs.

Sept cent mille euros, c’est le montant de l’enveloppe qu’ont obtenu les professionnels de la filière de la pintade pour mieux faire connaître cette volaille dont la France est le leader incontesté sur le continent. Sélectionnée parmi 146 dossiers présentés à la Commission européenne dans le cadre des campagnes de promotion des produits européens signés Enjoy, It’s From Europe, le plan de communication du CIP (d’un montant total de 1,1 million d’euros) durera trois ans et visera trois marchés : la France, l’Allemagne et la Belgique. Le Royaume-Uni, initialement prévu, a été écarté en raison du prochain Brexit.

« Le but est de redonner à la pintade toute la place qu’elle mérite dans l’assiette des consommateurs », explique Jean-Christophe Léon, vice-président du CIP. Plus précisément, la campagne va viser à augmenter la notoriété du produit, maintenir les ventes à l’export et développer les ventes en France. Une nouvelle signature a même été créée pour l’occasion : la pintade, l’Europe du goût. Pour les professionnels, le CIP a noué un partenariat avec le chef étoilé (depuis 2014) Nicolas Conraux, qui officie à La Butte à Plouider (Finistère), pour réaliser 10 recettes en vidéo, et un jeu-concours permettant de gagner une journée de formation avec le chef afin d’apprendre à cuisiner la pintade. Un site multilingue a aussi été conçu pour faire connaître la pintade et les recettes.

Outre cette campagne de communication, les professionnels ont aussi mené une enquête pour mieux savoir ce que les clients souhaitaient en matière de pintade. Pour cela, ils ont sollicité le cabinet d’étude Valemayre pour interroger 1800 consommateurs et 120 restaurateurs. Les conclusions convergent vers une même demande : être rassuré sur l’origine de la viande, en étant mieux informé sur l’éleveur, qui représente le maillon de la chaîne de production qui a le meilleur indice de confiance vis-à-vis des consommateurs. Ainsi, « plus de 40 % des consommateurs souhaitent l’affichage clair des informations concernant l’élevage et l’alimentation de la pintade » et « un tiers des restaurateurs sont attentifs à l’origine fermière du produit », note l’étude. Ils sont prêts à dépenser, même, un peu plus si l’origine France et locale leur est garantie. L’origine est un critère de choix davantage pris en compte que le label dans l’achat d’une pintade par un restaurateur.

Inciter les restaurateurs à choisir plus souvent la pintade

Souvent consommée au restaurant, surtout en restaurants gastronomiques et bistronomiques, la pintade n’est toutefois pas assez présente sur toutes les cartes et dans tous les types de restauration. « Il faut que nous proposions davantage de présentations du produit adaptées aux nouvelles attentes comme la restauration à emporter et le snacking », souligne Jean-Christophe Léon.

Les professionnels de la filière attendent des retombées précises de leurs efforts dans les prochaines années. « L’objectif est de faire progresser les ventes sur le marché intérieur de 3,5 % par an pendant trois ans et de stabiliser les ventes à l’export », détaille Jean-Louis Zwick, président du CIP. Pour cela, ils peuvent s’appuyer sur une position relativement enviable comparée aux autres volailles françaises. En effet, la pintade française règne en maître sur le marché national, en l’absence d’importation, du fait d’une production quasiment inexistante ailleurs en Europe. Le chiffre d’affaires à la sortie des usines françaises est de 150 millions d’euros, dont 30 millions d’euros réalisés à l’export.

La filière, de taille modeste, a connu une production plus ou moins stable sur les cinq dernières années, mais en recul sur les trois dernières années. Les volumes ont ainsi progressé de 4 % en 2017, mais ont reculé de 2 % en 2018 et vont reculer de 6 % en 2019, d’après les prévisions du CIP. Selon les professionnels, le recul de cette année est imputé à la loi Egalilm qui a réduit considérablement les volumes écoulés sous promotion dans les GMS. Il se vend moins de pintades entières en GMS, mais les ventes progressent en restauration, un débouché surtout consommateur de pièces découpées et/ou sans os. Dans les prochains mois, plusieurs évolutions pourraient avoir un impact sur les ventes. Au Royaume-Uni, où le marché alimentaire est en recul à cause du Brexit. Or, il s’agit du troisième marché d’export pour la pintade française avec près de 5 millions d’euros de ventes en 2018. Ou encore un possible étiquetage de l’origine de toutes les viandes en restauration, ce qui renforcerait la dimension locale de la pintade. Une mesure bien vue par la filière.

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– chiffre d’affaires sortie usine : 150 M€ en 2018

– chiffre d’affaires à l’export : 30 M€ en 2018

– ventes en France : 60 % en GMS, 40 % en restauration et chez les détaillants

– volume de production en France : 32 millions de pintades en 2018

– 35 % des volumes de pintades sont produits sous Label rouge

– 85 % de la production européenne de pintades est française

– 30 abatteurs transformateurs en France, dont 4 opérateurs réalisant 80 % de la production

– Savel est le leader de la pintade en France avec environ 40 % des volumes produits