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Facteurs de production La filière du maïs mobilisée pour tenir bon dans la course mondiale

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La filière du maïs est mobilisée pour tenir bon dans la course mondiale, ont montré les journées de Maïz’Europ (marque ombrelle des associations professionnelles autour des producteurs), qui se sont tenues les 8 et 9 septembre à Pau. Ces deux journées ont mis en avant les leviers d’actions techniques (techniques culturales, recherche génétique, irrigation, etc.) permettant au maïs français de rester dans la course, parfois en tête du peloton.

C’est sous le thème de « + 1 tonne à l’hectare, possible tout de suite », que se sont tenues les deux journées organisées les 8 et 9 septembre à Pau par Maïz’Europ, la signature commune des associations professionnelles gravitant autour des producteurs de maïs.
« Nous avons mis en avant les facteurs de production à mobiliser » pour rester dans la course, a indiqué Christophe Terrain, président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), à la député-maire de Pau, en guise de conclusion des deux journées. Les facteurs de production existent dans les pays concurrents comme les États-Unis, l’Argentine et la Chine. Exploiter ces facteurs représenterait un potentiel supplémentaire d’une tonne à l’hectare, selon Maïz’Europ.

Adapter des variétés plus précoces grâce à la génétique
Jean-Paul Renoux, responsable du programme « maïs » à Arvalis, l’institut technique des céréales, a indiqué les axes majeurs à suivre, correspondant aux domaines dans lesquels « la compétitivité française risque d’être mise en défaut ». Un des ces axes consiste, grâce à un « flux de gènes », à adapter au climat et au sol français des variétés de maïs plus précoces, afin qu’elles franchissent sans dégâts les pointes de chaleur de juin et ainsi éviter les stress hydriques. L’avantage d’une plus grande précocité des variétés est aussi qu’elles bénéficient mieux du rayonnement solaire, plus intense en juin-juillet qu’en août-septembre.
Dans les dix ans qui viennent, « la génétique sera la principale source d’innovation des rendements du maïs dans le monde », expliquait un des tableaux dressés au bord de champs d’essais de maïs, sur la plateforme « maïs » d’Arvalis, l’institut technique des céréales, basé à Montardon, près de Pau. Si des pays comme l’Argentine deviennent des concurrents redoutables pour les États-Unis (voir encadré), c’est en grande partie en raison de l’introduction des nouvelles biotechnologies semencières, dont les OGM, a commenté Chrystel Lherbier, chargée d’études économiques sur la concurrence internationale à Arvalis.
La filière du maïs a reçu les encouragements de la député-maire de Pau (PS), Martine Lignières-Cassou, à poursuivre ses efforts d’innovation. « Ce que vous vivez en ce moment est comparable à la fin des années 1940 : la recherche a autant d’importance stratégique qu’après-guerre, lorsqu’il fallait produire pour l’auto-suffisance alimentaire », a-t-elle souligné, ajoutant qu’elle « ne comprend pas » les destructions de parcelles d’essais.

Semences de maïs : la France, premier exportateur, en croissance
La volonté stratégique des Américains, des Chinois ou des Argentins n’empêche pas la filière française d’avoir des atouts. Les rendements français de maïs sont beaucoup plus réguliers que ceux d’Ukraine ou d’Argentine. En outre, les coûts de production sont beaucoup moins soumis aux aléas des cours des intrants, fertilisants notamment, a montré Chrystel Lherbier.
Un atout essentiel de la France est son rang de premier exportateur mondial de semences de maïs et de sorgho, et les perspectives pour les prochaines années sont à la hausse des surfaces de multiplication. Les superficies consacrées à la multiplication de semences de maïs et de sorgho sont passées de 45 000 hectares dans la seconde moitié des années 1990 à 50 000 dans la seconde moitié des années 2000, avec une pointe à 65 000 hectares en 2009, a rapporté Anne-Céline Contamine, de la Fédération nationale de la production de semences de maïs et de sorgho (FNPSMS). Cette tendance devrait se poursuivre, parce que les pays concurrents (Hongrie, Roumanie) n’ont pas de génétique suffisamment pointue, après les échecs des privatisations opérées dans les années 1990.
Sur sa lancée, la filière française a adapté le 9 septembre l’ « objectif stratégique d’accroître ses parts de marché dans l’UE à 27 et dans certains pays tiers ».
Dans le prolongement des journées de Maïz’Europ, Bernard Delsuc, président de la FNPSMS, a cédé sa place, après dix ans à ce poste, lors du conseil électif du 9 septembre. Multiplicateur dans le Tarn, il a été remplacé par Joël Arnaud, multiplicateur dans le Puy-de-Dôme.

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