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Forestiers et industriels La filière forêt-bois présente son projet stratégique

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Portés par un vent politique favorable, forestiers et industriels du bois ont présenté leur plan stratégique « Forêt-bois pour la France », qui reposera sur des financements carbone et demandera un portage politique significatif.

Pour que la forêt soit productive et compétitive, à horizon 2020, l’interprofession France Bois forêt (FBF) et l’interprofession France Bois industrie entreprises (FBIE) ont établi un projet stratégique « Forêt bois pour la France », présenté le 10 juillet à Paris. Il se décline en deux axes principaux à horizon 2020 : pérenniser la forêt et les services qu’elle rend, et mieux valoriser la ressource bois. Les professionnels entendent ainsi se donner un cadre pour répondre aux enjeux écologiques, économiques et sociaux (avec le maintien d’emplois) du secteur.

Financement par le marché du carbone

Les investissements nécessaires, chiffrés par les partenaires, ne représentent pas moins de 250 millions d’euros par an dès 2014 et près de 600 M€ en 2020. La filière, qui estime peser pour 25 % des réductions et évitement d’émissions de gaz à effet de serre, demande que le gouvernement lui oriente 25 % des montants annuels issus de la mise aux enchères des quotas carbone qui seront attribués à des actions vertueuses. C’est-à-dire 12,5 % de l’ensemble des recettes liées aux crédits carbone. En effet, l’Europe impose aux Etats d’allouer au moins 50% des recettes issues du marché des quotas carbone à une série d’actions favorables à l’environnement. Un cadre dans lequel les partenaires estiment s’inscrire.
Moyennant la création d’un comité stratégique dédié et la désignation d’un délégué interministériel, FBF et FBIE font valoir les retombées d’un tel projet : amélioration des forêts, réduction des émissions de CO2, création de 25 000 emplois et maintien des 44 000 actuels…
Pour Laurent Denormandie, président de France Bois forêt, « la France n’a pas aujourd’hui la politique forêt-bois qu’elle mérite ». Les professionnels ont égratigné au passage le soutien à l’agriculture, qui atteint 446 €/ha de surface cultivée contre 25 €/ha pour la forêt.

Une longue liste de propositions

Le projet Forêt bois pour la France propose donc de travailler, d’amont en aval sur de nombreux sujets : planter et régénérer 50 000 ha/an avec des essences adaptées, améliorer 60 000 ha/an de peuplements, anticiper et gérer les accidents climatiques, créer des dessertes de massifs à raison de 1 000 km/an, produire 11 millions de m3 supplémentaires par an, aider les entreprises d’exploitation forestière, regrouper la propriété foncière, en ciblant tout d’abord les 500 000 propriétaires privés de forêts de plus de 4 ha, soutenir la R&D… Au chapitre « mieux valoriser le bois », les partenaires mentionnent la nécessité de hiérarchiser les usages du bois pour que bois énergie, bois de construction et bois de trituration n’entrent pas en conflit, de développer le recours au bois dans la construction ou l’emballage, de réduire les importations de bois ou produits dérivés concurrents (résineux de construction ou pâte à papier), mais aussi de développer les entreprises de la filière, la chimie verte et les biomatériaux…
Nombre de ces pistes ont déjà été évoquées par les différents acteurs. Leur publication, en ordre structuré, n’est pas totalement étrangère à la position du nouveau gouvernement sur ces questions. Forestiers et industriels ont eu des réponses encourageantes de François Hollande puis de Stéphane Le Foll. Le premier, alors candidat, évoquait déjà un « plan stratégique » pour la forêt. Et Stéphane Le Foll, lors de l’assemblée générale des forestiers privés, le 21 juin, a estimé que « la forêt a une place à revendiquer » dans le cadre du marché carbone, qui sert à effectuer des transferts entre ceux qui polluent et ceux qui stockent.

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