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Production porcine La filière française porcine en retrait en 2010 par rapport à la moyenne européenne

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Un cours du porc bas, des abattages en baisse, un cheptel en retrait, la France se positionne mal par rapport à la moyenne européenne pour 2010, selon FranceAgriMer. Côté exportations, la situation est meilleure notamment envers les pays tiers, mais la moindre fermeture de marché en 2011 fragiliserait une filière déjà en perte de vitesse.

Globalement, le prix du porc français a suivi « la tendance européenne » sur les 10 premiers mois de l’année, relève la note de conjoncture Viandes blanches du 7 décembre de FranceAgriMer. Cependant, malgré une légère baisse de l’offre (-0,4% d’abattages) et d’excellentes performances vers la Russie et l’Asie, le prix moyen français reste inférieur de 0,21€/kg carcasse par rapport à celui de l’Union européenne. Ce dernier s’est établi à 1,40€/kg carcasse (-0,3€/kg par rapport à 2009). Pour FranceAgriMer, « la croissance significative de l’offre dès le début de l’année a pesé sur le marché européen. » Au niveau de l’UE, les abattages ont été « nettement supérieurs aux prévisions » jusqu’au mois de septembre. Par rapport à 2009, près de 5,3 millions de porcs supplémentaires ont été abattus (Allemagne : +2,8%, Pays-Bas : +2%, Danemark : +3,7%, Italie : +2,4%). Mais la « France paraît à l’écart de cette reprise européenne avec des abattages en baisse de 0,1% sur les 8 premiers mois de 2010. » Par ailleurs, en 2010, le cheptel porcin européen total comme le cheptel reproducteur est en repli de, respectivement, 0,9% et 0,8%. France, Allemagne et Pays-Bas voient leurs effectifs diminuer. À noter cependant que pour l’Espagne, « l’évolution du cheptel truie (+3,4%) est à l’opposé de celle du cheptel porcs (-4,6%) et augure une reprise à venir de la production. » Par ailleurs, en Pologne, après plusieurs années de décapitalisation, le cheptel total est en forte hausse (+4,1%) et le cheptel reproducteur suit (+1,6%). La dévaluation de la monnaie locale a redonné de la compétitivité à l’élevage.
Pour FranceAgriMer, malgré ce repli global du cheptel européen, la production devrait être en hausse en 2011 (+0,6% au premier semestre). Les performances techniques en amélioration assureront ce maintien. « Une stabilisation pourrait intervenir au 2e trimestre 2011 », remarque FranceAgriMer. L’Institut du porc (Ifip) annonce, dans son mensuel d’information de novembre, une hausse de la production de l’UE à 27 de 1,3% au premier semestre 2011, régulièrement répartie sur les deux trimestres. « Cette reprise aura pour conséquence de ramener la production européenne à son niveau de 2008, niveau qui vient d’être rattrapé durant l’été 2010 avec une forte progression de presque 3% en un an au 3e trimestre 2010 ». D’après l’Ifip, la hausse du 1er trimestre 2011 viendra essentiellement de l’Allemagne et dans une « moindre mesure des Pays-Bas ». La production devrait rester stable au Danemark, en Espagne et en Italie, tandis que l’érosion se poursuivra en France (proche de -1%). La Belgique affiche de « surprenantes » prévisions : +10% et au Royaume-Uni, la chute anticipée (-2%) annule presque la progression de ces deux dernières années. Les nouveaux Etats membres de l’UE devraient connaître de fortes reprises de la production, malgré les baisses annoncées en République Tchèque (-9%) et en Hongrie (-3%).

Une France, dépendante des exportations vers les pays tiers

Très compétitives en 2010 sur le marché international du fait de la parité €/$, les exportations européennes ont progressé de 18% en volume sur les 9 premiers mois de 2010. La France y a participé pleinement avec une progression de 29,8% des exportations vers les pays tiers, notamment la Russie, le Japon et les Philippines. La Russie, premier marché de l’UE, a augmenté ses volumes de 34%. En Chine et Corée du Sud, les Européens ont repris des parts de marchés aux Américains. La destination Philippine a été de nouveau porteuse (20 000 tec dont 7 500 tec originaires de France) et le Japon a augmenté ses achats de 19%.
Cependant, malgré ces bons résultats, le solde commercial français « vis-à-vis de ses partenaires du marché communautaire a continué à se dégrader. » La France est en retrait sur ses principaux débouchés comme l’Italie (-2 400 tec), la Grèce (-7 000 tec), les Pays-Bas (-8 900 tec) ou le Royaume-Uni (- 2000 tec). Cette position fragilise la France surtout si une diminution des débouchés sur le marché mondial, par exemple la Russie, devait apparaître dans les mois à venir.

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