Abonné

Etude La filière fruits et légumes, compétitive sous réserve d’organisation

- - 4 min

Malgré des handicaps de coûts de production par rapport aux autres pays européens, la France parvient à n’être pas trop mal classée en compétitivité à l’exportation dans le secteur des fruits et légumes. Du moins quand ses marchés sont organisés. C’est un des premiers enseignements d’une « veille concurrentielle sur les fruits et légumes » dévoilée partiellement en avant-première le 1er décembre au Sitevi de Montpellier, sur plusieurs produits, notamment le chou-fleur et la tomate, la pêche-nectarine et la pomme.

La France a des coûts de production plus élevés que ses voisins, mais elle parvient plutôt bien à tirer son épingle du jeu en matière de compétitivité, grâce à d’autres atouts que le prix. C’est surtout le cas pour deux légumes, le chou-fleur et la tomate, particulièrement étudiés par la seconde édition d’une « veille concurrentielle sur les fruits et légumes », réalisée par l’office FranceAgriMer, avec les cabinets Agrex Consulting et Stéphane Bonetti Consultants. Les premiers résultats de cette veille ont été présentés le 1er décembre par Caroline Blot, responsable de l’unité « cultures et filières spécialisées » à FranceAgriMer, en avant-première d’une étude qui sera publiée début 2010 sur la compétitivité des fruits et légumes français sur le marché international.

Chou-fleur : l’organisation française
Le chou-fleur français est exporté à 0,55 euro le kilo, celui de Pologne à 0,40 euro et celui du Royaume-Uni à 0,91 euro. Sa compétitivité se tient dans une moyenne honorable, ce qui lui permet d’atteindre une part de marché de plus de 22% en Allemagne. Pour FranceAgriMer, concernant ce produit, « l’efficacité de l’organisation du marché » est un élément important de la compétitivité. Le taux d’organisation de la production est de plus de 80% en France, ainsi qu’en Belgique : plus de 80% de la valeur de la production sont commercialisés par les organisations de producteurs.
Les rendements français sont pourtant loin de s’approcher des rendements allemands : environ 16 tonnes par hectare, contre près de 27 outre-Rhin, et 19,3 en moyenne chez les principaux pays producteurs. Les auteurs de l’étude ont retenu pas moins de 75 indicateurs de compétitivité. Entre autres : les itinéraires culturaux, les coûts de main d’œuvre, la structuration de la filière, les soutiens budgétaires, la force des marques. Des notes sur mille ont été attribuées. La France est classée première pour tous les facteurs de compétitivité pour le chou-fleur, devant l’Espagne, numéro deux, et la Belgique, numéro trois. Cette première place française tient aussi à son climat, qui lui permet de produire et donc d’exporter tout au long de l’année.

Tomate : les Pays-Bas imbattables grâce à la co-génération
Pour la tomate, les champions de la compétitivité à l’international sont les Pays-Bas, loin devant l’Italie ! La France est classée troisième, derrière les Pays-Bas et l’Espagne, juste devant l’Italie. L’étude est peu explicite sur la situation française, mais montre a contrario les atouts de la puissance néerlandaise : « Les Pays-Bas ont une maîtrise exceptionnelle de la production sous abri », a souligné Caroline Blot. Le système de co-génération (production de chaleur et d’électricité en même temps) « permet de gagner à la fois sur la production de tomates et d’électricité ». En outre, les Néerlandais bénéficient d’une plate-forme d’exportation très organisée.
Lors de cette première présentation de la veille concurrentielle, Caroline Blot a évoqué plusieurs autres produits, dont la pêche-nectarine et la pomme.

Pêche-nectarine : la France talonnée par la Grèce
Pour la pêche-nectarine, l’Hexagone est classé derrière l’Italie et l’Espagne, devant la Grèce puis la Turquie. Le recul du verger français (- 11% en surfaces en 2007 par rapport à la moyenne 2005/2006) a fait perdre des points à la compétivité française. La France est talonnée par la Grèce, pays qui a enregistré une forte progression du rendement moyen (+ 14% en 2007 par rapport à la moyenne 2005/2006) et qui a un bon équilibre entre les débouchés du frais et de la transformation, avec ses 40 usines.
Enfin, pour la pomme, la France est classée quatrième en compétitivité derrière le Chili, l’Italie et la Belgique. « La France est au pied du podium », a commenté Caroline Blot, du fait de ses prix les plus élevés parmi les 12 premiers exportateurs mondiaux, avec un prix moyen à l’export de 0,74 euro le kilo. À comparer avec 0,62 en Allemagne, 0,41 au Chili, 0,37 en Chine et 0,30 en Pologne.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

FranceAgriMer
Suivi
Suivre