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La filière fruits et légumes demande des moyens pour changer de modèle

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La réduction de l’usage des pesticides a un coût et ne peut se faire sans l’aide de l’État. C’est ce que la filière fruits et légumes a tenu à rappeler à l’occasion du Salon de l’agriculture. Alors que le plan de filière contient la promesse de « parvenir à une réduction entre 20 et 50 % de l’utilisation des pesticides d’ici 2030 », Interfel a demandé le 26 février que 1,2 milliard d’euros, sur les cinq prévus par le plan d’investissement gouvernemental, soit consacré à la filière. Objectif notamment, financer la recherche sur les techniques de biocontrôle ou de robotisation.

« Nous nous inscrivons totalement dans la demande sociétale de baisse des pesticides, mais sans molécules de substitution, ça ne marchera pas », précise ainsi Jacques Rouchaussé, président du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL). Le budget du CTIFL est ainsi en grande partie financé par les professionnelles de la filière, près de 18 M€ l’année dernière sur les 23 que compte le budget du centre. Le reste de la somme est assuré par des fonds publics ou le revenu de prestations de service aux entreprises. « Nous devions bénéficier d’une dotation supplémentaire de 1,90 M€ cette année, via le Casdar. Il semblerait que cela soit remis en cause. Comment répondre aux attentes sociétales si on nous supprime les budgets ? », questionne Jacques Rouchaussé.

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Autre nécessité, que les moyens dégagés servent à mettre en place l’objectif de 50 % de produits bio dans la restauration collective. « Le bio coûte 45 % de plus à produire, quelle que soit la filière », a ainsi rappelé Laurent Grandin, vice-président d’Interfel. « Si on veut arriver à 50 % de bio, il va falloir trouver de l’argent pour le financer », a-t-il ajouté, rappelant par exemple que le prix moyen d’un repas en hôpital était de 1,60 €. Autant de questions qui ont été abordées lors de la rencontre des acteurs de la filière avec le président de la république Emmanuel Macron samedi 24 février. Concernant la contractualisation, ils lui ont également redit leur opposition à la mise en place d’une obligation de contractualisation. Ils lui ont notamment rappelé le précédent de la loi de juillet 2010 sur la modernisation de l’agriculture et de la pêche. « Il nous a fallu sept ans pour faire comprendre que cette loi était totalement inefficace. Il faut laisser les professionnels trouver ensemble les moyens de formaliser la contractualisation au lieu de l’imposer », a rappelé le vice-président d’Interfel.

« Si on veut arriver à 50 % de bio, il va falloir trouver de l’argent pour le financer »