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Production laitière La filière lait de consommation se raccroche à son logo « made in France »

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C'est avec un regard très positif que Syndilait est revenu sur son logo « Lait collecté et conditionné en France », le 19 mai, lors d'une conférence de presse. Lancé il y a quatre mois, le logo répond à une démarche de long terme du syndicat national du lait de consommation, même à l'export.

Le logo « Lait collecté et conditionné en France », apparu depuis peu sur les bouteilles et briques de lait, « commence à porter ses fruits », estime Emmanuel Vasseneix, vice-président de Syndilait, le 19 mai, lors d'une conférence de presse. Il s'agissait d'une réponse de la filière à une consommation atone, des importations en hausse et des exportations en baisse en 2014. Un paysage peu reluisant pour le lait de consommation. Emmanuel Vasseneix parle même d'« encéphalogramme plat » à propos de la consommation française. « La baisse de consommation est assez régulière depuis plusieurs années », estime-t-il. Elle est de 2,9% en 2014 par rapport à 2013. La hausse des importations est de 42% entre septembre 2014 et février 2015. Emmanuel Vasseneix note des « entrées massives, dans certaines enseignes, de lait étranger ». Moins cher de 1 à 3 centimes d'euros, le lait allemand notamment fait concurrence au lait français dans les rayonnages des grandes surfaces. Côté export, les volumes achetés par l'Espagne et l'Italie sont en recul car « cela fait longtemps qu'ils valorisent leur propre filière », selon lui.

Un logo pour être consomm-acteur

Face à ces constats, il porte une vision très positive sur les effets du logo, lancé en février 2015. « Le consommateur devient consomm-acteur. L'évolution du marché se fait alors par le consommateur et non par les metteurs en marché », analyse-t-il. Pour Anne-Sophie Royant, secrétaire générale de Syndilait, « la multiplication des logos donnant la même information perd le consommateur, d'où notre volonté de les réunir sous la même bannière ». D'après une enquête de décembre 2014 du Cniel, l'interprofession du lait, près de 84% des Français jugent important de connaître l'origine de leur lait, mais 51% s'estiment mal informés sur ce point. La concurrence entre distributeurs devrait faciliter la diffusion de ce logo. « Si dans une enseigne d'origine allemande, on trouve du “lait collecté et conditionné en France” », une enseigne d'origine française risque bien de suivre la même démarche, analyse Giampaolo Schiratti, président de Syndilait. Pour l'heure, Carrefour, Cora, Intermarché, Monoprix, Lidl, Auchan et Casino participent à la mise en marché du lait français sous ce logo. Un grand absent : E. Leclerc.

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Une démarche de long terme, valable même à l'export

À la question d'initiatives plus locales, la réponse n'est pas fermée. « Il faut juste se souvenir qu'il y a un certain nombre d'endroits en France où il n'y a plus de vaches ! », observe Emmanuel Vasseneix. Pour Michel Picandet, président de Tetra Pak France, comme pour Emmanuel Vasseneix, la stratégie de la filière à travers ce logo pourrait être également bien utile à l'export, comme en Chine où la France est jugée comme « une terre d'excellence en agroalimentaire ». « Nous ne sommes pas des vendeurs de lait par opportunité comme les Allemands qui viennent sur un marché et en partent. Nous sommes sur une démarche de construction de long terme et ce logo en fait partie », explique Emmanuel Vasseneix. En Chine, avec le développement de la classe moyenne, la consommation de lait a augmenté d'un tiers en sept ans. Les consommateurs recherchent un niveau de qualité élevé à travers l'origine, d'où le bon positionnement de la France, et la composition du produit (peu de matières grasses). Les contenants de petits formats (25cl, 20cl ou 125 ml) sont privilégiés. Reste qu'exporter du lait en Chine n'est pas si évident…

Les laits aromatisés, un marché en forte progression

En France, « en quatre ans, les laits aromatisés ont largement progressé, enregistrant une hausse de 22% (en volumes) entre 2011 et 2014 », a annoncé, le 19 mai, Anne-Sophie Royant, secrétaire générale du syndicat national du lait de consommation, Syndilait. Pour 2014 la hausse des volumes est de 8,4% par rapport à l'an passé. Les laits aromatisés ne représentent cependant que 1,5% du marché total français. Selon Anne-Sophie Royant, « les laits aromatisés remportent aussi un franc succès dans la zone Asie-Pacifique », avec des volumes vendus de l'ordre de 65% du marché global. En Indonésie, ces volumes montent à 65% et en Chine à 32%. Mais une forte concurrence de la Nou-velle-Zélande et de l'Australie sur ce créneau rend délicat un positionnement de la France. Pour autant, Emmanuel Vasseneix, vice-président de Syndilait, rappelle que « l'origine France reste un très bon marqueur de qualité » pour les Chinois. Anne-Sophie Royant est également revenu sur les laits spécifiques dont le marché est en progression, en France, par rapport au lait plus classique, dont la demande reste « atone » aujourd'hui. Ils ont ainsi affiché une progression en volume de 3,8% en 2014 par rapport à 2013, avec une hausse de 12,9% des laits délactosés et de 6,9% des laits bio.