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Caprins La filière laitière s’organise contre la baisse du prix du lait de chèvre

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Des éleveurs caprins ont bloqué mercredi 29 février le site de Terra Lacta en Vendée pour dénoncer la baisse du prix de lait de chèvre de 30% imposé par leur coopérative. La FNSEA et la FNPL ont immédiatement réagi et condamné la « politique de prix cassé pratiquée par Terra Lacta ». A la demande du syndicat majoritaire, le ministère de l’Agriculture organisera une table ronde entre acteurs de la filière et en présence d’un médiateur.

Plus de 150 éleveurs caprins et bovins livrant à Terra Lacta (ex-Glac) ont bloqué le 29 février le site de leur coopérative à Mareuil-sur-Lay en Vendée. Les producteurs dénoncent la décision du conseil d’administration du Glac de baisser de 30 €/1 000 litres le prix du lait de chèvre à partir du 1er février. François Poirier, président de l’union caprine de Maine-et-Loire, regrette cette « décision unilatérale qui tuera les éleveurs ». Avec des prix « en Hollande ou en Espagne à 150 €/t, c’est toute la filière laitière qui est pénalisée », concède-t-il pourtant. Mais pour les éleveurs caprins, c’est aux coopératives d’absorber les coûts de la concurrence et non aux producteurs. « Faut-il préserver les salariés de la coopérative ou les producteurs qui la font vivre ? », interrogent-ils. La décision du Glac met également en exergue le problème de gouvernance que rencontrent les éleveurs de chèvres. « Les éleveurs caprins sont peu représentés au conseil d’administration, contrairement aux éleveurs de vaches laitières : nous ne pouvons pas peser dans la détermination des volumes et des prix », alerte François Poirier.

Le ministère et les syndicats soutiennent les producteurs

Les producteurs de lait de vache ont néanmoins manifesté leur « solidarité » sur le terrain, a précisé la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), dans un communiqué du 1er mars. Pour le syndicat, « le prix du lait payé aux producteurs ne peut être en aucun cas la variable d’ajustement de la politique des entreprises ». La fédération accuse Terra Lacta de vouloir « faire payer la note » aux producteurs de « choix stratégiques déplorables » pris par la coopérative. Dans un communiqué de presse du 29 février, la FNSEA a de son côté fermement condamné « la décision unilatérale prise par Terra Lacta ». Une décision qui « risque d’enclencher une spirale infernale de baisse de prix, suicidaire pour tous », juge le communiqué. Le syndicat dénonce par ailleurs « cette logique qui consiste à brader les produits pour un gain illusoire de parts de marché ». La fédération a donc appelé le ministre de l’Agriculture à organiser une table ronde entre producteurs et industriels. Une demande qui a rapidement été prise en compte par Bruno Le Maire. Dès le 1er mars, ce dernier a nommé un médiateur et annoncé une réunion des acteurs de la filière.
 
 

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