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La filière lin cherche le contact avec le grand public

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La première opération de communication à destination du grand public fin mai, organisée par la Confédération européenne du lin et du chanvre (CELC), sera une occasion pour l’agriculture de s’adresser au grand public, ont indiqué les dirigeants de l’organisation le 3 mai lors d’un point presse à Paris.

De jeunes agriculteurs, des teilleurs de lin, des designers et 150 boutiques de textiles participeront ensemble à la première opération de communication pour le lin à destination du grand public fin mai à Paris, a indiqué Marie-Emmanuelle Belzung, directrice de la CELC. Cette opération, Ultralin, montrera, du 26 mai au 5 juin, les diverses étapes de l'utilisation de la fibre, du champ au vêtement ou au drap, en passant par la chaise en composite.

Faire connaître l’agriculture à partir d’objets issus du lin

Ultralin « réunira ces étapes, qui représentent des modes de vie très divers », a commenté le designer Philippe Nigro. « Le lin transformé en tissu ou en chaise composite ne ressemble pas du tout à la plante qui fleurit en juin dans les champs ».  « Il est intéressant de voir des producteurs venir à Paris pour faire connaître l’agriculture à ceux qui n’ont sont pas mais qui en ont la curiosité. Des vidéos seront là pour expliquer les étapes de culture », en complément des témoignages directs des jeunes agriculteurs, venus du plateau du Neubourg (Eure), berceau normand du lin, a précisé Marie-Emmanuelle Belzung.

Six d'entre eux et l’institut technique Arvalis installeront un champ de lin en fleurs Place des Vosges et expliqueront aux Parisiens les avantages de cette plante qui nécessite peu d’intrants.

Le lin, une passion fédératrice à partager avec les citadins

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Les professionnels de la filière qui viendront présenter leur activité seront là pour faire partager leur passion avec les citadins. « Tous, producteurs, coopératives de lin, teilleurs privés, établissements de semences, instituts techniques, nous avons en commun la passion du lin. Les activités sont très différentes, mais les membres de cette filière tirent tous dans le même sens », a témoigné Bastien Hennequez, 30 ans, liniculteur à Arnières sur Iton, dans l’Eure. Précédemment chargé d’expérimentations à l’Institut technique du lin (ITL), sur le travail du sol, il explique cette unanimité par le soin indispensable que tous les maillons doivent porter à la culture du lin, plante fragile, ainsi qu’au produit fini, en passant par la délicate opération de transformation de la fibre qu’est le teillage (séparation des fibres du bois de la paille de lin).

Un champ de lin en fleurs Place des Vosges pour rappeler l’origine agricole du tissu

Un embryon de relocalisation de l’industrie

Alors que la Chine est devenue acheteur majeur de la fibre de lin européenne, on assiste depuis quelques années à un timide début de relocalisation de l’industrie. La Pologne a relocalisé une filature, la Hongrie et la Lituanie également. Le Portugal quant à lui s’est spécialisé dans le tricotage, destiné plus spécialement à la confection des T-shirts.

L’Europe produit 80% du lin textile, sur 93 000 hectares. La France produit 80% de cette production européenne, les 20% restants étant assurés par la Belgique (15%) et les Pays-Bas (5%).