Le philosophe Luc Ferry a conseillé le 28 avril à la filière maïs et semencière de « faire changer la peur de camp », lors de la présentation d’une étude qualitative sur « le maïs comme ressource renouvelable : quels avenirs et quels enjeux ? ». « Il faut faire changer la peur de camp », a jugé l’essayiste, dénonçant « une recherche bloquée par le principe de précaution ». « Plutôt que d’avoir peur de la science, de l’innovation, les gens doivent avoir peur qu’on ne progresse pas, que toute l’innovation vienne d’ailleurs que chez nous, d’être largués dans la compétition mondiale. »
Luc Ferry a aussi suggéré de développer l’idée d’écologie circulaire, dont le maïs est l’« emblème ». « Ce qui sauvera le monde, ce n’est pas la décroissance mais l’écologie circulaire, autrement dit le recyclage. Le maïs en est le symbole. » Quatre atouts écologiques méritent d’être valorisés, d’après lui. Le maïs stocke le carbone de l’air, a besoin de peu de pesticides, est « un formidable réservoir de biodiversité », laisse beaucoup de matière organique de sorte que la plante « retourne au sol et apporte au sol au lieu de l’user ».
Troisième piste de travail, la filière doit, selon lui, raconter une histoire. « Le maïs ne raconte pas d’histoire, sauf aux Etats-Unis, a noté le philosophe. Il faut lui inventer une mythologie. »
L’étude, commandée par la filière maïs et semencière (1) dans le cadre de la campagne de promotion « Cet épi m’épate », est basée sur vingt et un entretiens auprès de personnalités d’horizons divers (économie, société, filière, politique…).
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« Le maïs est une plante fascinante », a estimé l’autre invité de la présentation des résultats, Michel Griffon, fondateur et président de l’AEI (Association internationale pour une agriculture écologiquement intensive). « C’est une plante en C4 : une machine à fixer le carbone et donc à lutter contre l’excès de CO2 dans l’atmosphère », a-t-il expliqué.
(1) AGPM (Association générale des producteurs de maïs), FNPSMS (interprofession de la production de semences de maïs et de sorgho), section maïs de l’UFS (Union française des semenciers), Gnis (interprofession des semences et plants)
Une recherche « bloquée par le principe de précaution », selon Luc Ferry