L'interprofession de l'œuf veut allonger la durée des vides sanitaires par voie réglementaire pour mettre fin à la situation de surproduction qui fragilise la filière. Elle veut aussi gagner des parts de marché à l'export et en RHD. En attendant, Sofiprotéol a initié la consolidation du marché de l'œuf coquille en prenant le contrôle de Matines.
DES prix qui restent bas et des matières premières dont le coût reste élevé. C'est la difficile équation qu'a connu la filière œuf en 2013, affectée par une situation de surproduction (14,3 milliards d'œufs produits en 2013). « Les produc-tions alternatives se sont beaucoup développées et la surface des cages n'a que peu diminué, peut-être pas assez », observe Philippe Juven, président du CNPO (interprofession de l'œuf).
LÉGIFÉRER SUR L'ALLONGEMENT DES VIDES SANITAIRES
En GMS, la consommation a progressé de 2 % en volume l'an passé, avec une progression de 8,7 % pour les œufs bio et de 7,2 % pour les œufs label rouge quand les œufs standards cèdent 0,3 %. « La filière fait place à un problème structurel, de plus en plus d'indices le confirment », indique Philippe Juven. Après avoir recommandé l'allongement des durées de vide sanitaire, l'interprofession veut désormais passer par la voie réglementaire. « La simple recommandation n'est pas suffisante. Nous sommes en discussion avec le ministère de l'Agriculture pour trouver une durée de vide sanitaire qui fasse consensus », explique Philippe Juven.
EXPORT ET RESTAURATION POUR RETROUVER DE LA CROISSANCE
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À l'export, les prix bas, après une année 2013 exceptionnelle qui avait vu le prix de l'œuf doubler, ont permis de regagner des parts de marché. Avec la contraction du déficit commercial sur les œufs coquille et la progression de l'excédent sur les ovoproduits, la balance commerciale est repassée dans le vert (+ 24 millions d'euros contre – 48,5 millions d'euros l'an passé). « Nous devons continuer à regagner des parts de marché à l'export, et il nous faut également conquérir des parts de marché sur la RHD », indique Philippe Juven. Les achats d'œufs coquille ne représentent que 40 à 45 % de la consommation d'œufs des ménages, estime le CNPO. Le reste est consommé en restauration ou sous forme d'ingrédients dans des produits transformés.
UNE STRUCTURE QUI SE CONSOLIDE
Dans cette filière déstabilisée par la forte progression des œufs alternatifs, la consolidation a commencé. Sofiprotéol a pris le contrôle de Matines via Glon au 1er avril. Matines, qui pèse environ 30 % du marché en GMS (dont un tiers à marque) veut développer ses ventes à marques pour valoriser sa production (voir Agra Alimentation du 22 mai 2013). Et Eric Philippe, directeur général adjoint de Sofiprotéol en charge du pôle animal, considère que cette consolidation doit se poursuivre.