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Traçabilité sanitaire La filière ovine se prépare à l’identification électronique obligatoire dès le 1er juillet

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Les ovins et caprins nés à partir du 1er juillet 2010 devront obligatoirement porter une boucle munie d’une puce électronique contenant le numéro d’identification national de l’animal. Le but : améliorer la traçabilité sanitaire des animaux. Une mise aux normes européennes qui implique une formation des éleveurs et un coût supplémentaire. Le point sur la préparation des éleveurs d’ovins à la généralisation de l’identification électronique.

L’identification électronique des ovins-caprins devient obligatoire en France pour les animaux nés à partir du 1er juillet 2010, comme prévu par le règlement européen 21-2004. Depuis 2004, plusieurs projets pilotes ont été coordonnés au niveau national par l’Institut de l’élevage, avec l’appui de la DGAL (Direction générale de l’alimentation), de la FNO (Fédération nationale ovine) et de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture). Des expériences qui vont permettre à tous les éleveurs de s’adapter à la nouvelle obligation européenne avant qu’elle entre en vigueur.
Etablir la traçabilité individuelle des petits ruminants, tel est le but final de la réforme mise en place par le règlement européen 21-2004. Ce dernier remplace ainsi la directive européenne de 1992 qui avait montré ses limites avec la crise de la fièvre aphteuse de 2001. « Le règlement européen 21-2004 a mis en place une réforme en quatre temps, explique Benoist Piednoir, coordinateur Identification et traçabilité animale à l’Institut de l’élevage. En 2005, il y a eu la mise en place de l’identification ovins-caprins avec l’attribution d’un numéro individuel par animal. De 2008 à 2009, c’était l’année de la mise en place de la traçabilité par lot. Les animaux nouveau-nés seront identifiés avec un repère électronique (sauf dérogation pour certains caprins) en 2010. Et à partir de 2012, le suivi individuel des mouvements de chaque animal à chaque étape de la filière sera obligatoire. » Une mise en place progressive donc qui s’est faite dans le cadre de projets tests.

300 fermes pilotes en France
Les différents maillons de la filière se sont engagés dans cette démarche bénévole. Une centaine d’élevage ont commencé à prendre part aux projets dès 2005. Trois ans plus tard, ils étaient au nombre de 300. Cinq centres d’allotement, un marché et huit abattoirs se sont ajoutés à la liste des volontaires. « Les points faibles observés au début des tests concernaient la communication entre les différents outils, explique Frédéric Noizet, secrétaire général de la FNO et membre de la présidence du comité de suivi des projets pilotes. Il y a plusieurs fabricants de boucles, plusieurs fabricants de lecteurs et de logiciels. Il fallait que n’importe quelle boucle puisse être lue par n’importe quel lecteur. Depuis un travail important a été mené par rapport aux différentes marques. »
D’autres pays ont également mené des projets pilotes depuis 2005, avec d’autres types d’identification électronique que la boucle auriculaire. Il existe également l’implant sous-cutané et le bolus ruminal. « En Espagne, l’identifiant électronique utilisé est le bolus. Ce système consiste à placer la puce dans le rumen de l’animal, explique Carine Lotout, chargée de mission Identification et alimentation animale à l’APCA. Cependant, il est certain que ce type d’identifiant entraîne des contraintes : le numéro de l’animal n’est pas lisible visuellement, il y a un taux de mortalité associé à la pose de ces repères, et ce type d’identification ne peut pas être posée sur de jeunes animaux. »

Les éleveurs vont bénéficier d’une aide technique et financière
Autant d’informations qui permettent d’améliorer la préparation à l’identification électronique ovine. « Les éleveurs vont être informés sur l’identification électronique d’ici moins d’un mois via une campagne officielle du ministère de l’Agriculture, explique Benoist Piednoir. A l’Institut de l’élevage, et avec l’appui de la DGAL, nous réalisons des supports de communication qui seront distribués aux éleveurs, valorisant l’expérience acquise en France pendant cinq ans dans le cadre de projets pilotes. Il y aura aussi un catalogue de lecteurs et un guide d’aide au choix du dispositif de lecture le plus approprié selon les situations. »
Mais ce qui préoccupe les éleveurs, c’est avant tout le coût de cette identification électronique. Frédéric Noizet affirme cependant que « sur les 300 éleveurs, 90 % ne veulent plus renoncer à cette boucle. Ils ont amélioré leurs résultats techniques. Cela leur a permis d’avoir une gestion plus pointue et plus réactive. Il y a un réel retour sur investissement. » De plus, un soutien de l’Etat est prévu. « On a travaillé avec la DGAL, qui a pris en charge le surcoût lié à l’identification électronique, c’est-à-dire la boucle, rappelle Fréderic Noizet. Elle financera également ce surcoût pour l’ensemble des élevages durant les trois premières années. » Mais quel va être le montant réel à la charge de l’éleveur ? Selon Fréderic Noizet, un lecteur et un outil de gestion de troupeau coûteraient environ 1 000 euros. « Les prix des lecteurs et des logiciels nécessaires à la valorisation des repères électroniques ne sont pas définitifs, explique Carine Lotout. Ils correspondent aujourd’hui aux prix des prototypes utilisés lors des projets pilotes et sont donc susceptibles de baisser avec la généralisation de l’identification électronique. » Malgré ces points positifs, Fredéric Noizet admet que « les 300 éleveurs qui ont pris part aux projets sont une minorité. Et sur les 40 000 éleveurs ovins français, beaucoup restent encore sceptiques car c’est encore l’inconnu. Ils sont dans l’expectative. »

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