La campagne 2016-2017 de pommes s’annonce sereine, avec des perspectives plutôt « favorables », selon l’Association nationale pommes poires. À condition cependant de garder un œil ouvert sur le marché européen et de prendre les devants quant aux éventuelles attaques d’organisations environnementales. L’ANPP est prête à faire face, indiquait son président Daniel Sauvaitre le 30 août.
Avec un marché « propre », exempt de stock, la campagne de pommes 2016-2017 se présente sous de bons auspices, estimait l’ANPP le 30 août, à l’occasion d’une rencontre entre les acteurs de la filière. La récolte française, estimée à 1,5 M de tonnes, serait en recul de 7 % par rapport à l’année dernière, mais resterait dans la moyenne des cinq dernières années. La qualité s’annonce bonne grâce à l’ensoleillement de cet été. Si les températures chutent au début de l’automne, la demande devrait être dynamique et permettre un bon démarrage de la campagne. C’est ce qu’espèrent les producteurs et les distributeurs. La filière reste cependant vigilante sur les éléments extérieurs qui pourraient troubler l’écoulement des pommes françaises : le marché européen et mondial ainsi que les attaques potentielles des associations et médias, critiques face à l’utilisation des pesticides.
Attention à l’effet Brexit et à la Pologne
Comme en France, les stocks sont quasi nuls en Europe. « Rassurant pour la campagne à venir », estime l’ANPP qui se réjouit de démarrer sur « un marché vide ». Les récoltes européennes, en baisse de 3 % par rapport à l’année dernière, devraient atteindre les 12 M de tonnes. Quelques sources d’inquiétudes existent cependant. Alors que l’Angleterre constitue le premier client de la France sur le marché de la pomme, le Brexit pourrait ralentir les échanges du fait d’une dévaluation de la livre. Par ailleurs, l’ANPP sera particulièrement attentive vis-à-vis de la Pologne, qui devrait voir sa production augmenter de 4 %. 120 000 tonnes de pommes polonaises n’auraient pas encore trouvé de débouchés, indique l’ANPP. Elles pourraient venir encombrer le marché et tirer les prix vers le bas.
Anticiper les attaques des organisations environnementales
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La plus grande crainte de la filière reste cependant les attaques des associations environnementales ou les reportages « à charge » des médias, qui écornent l’image de la pomme en dénonçant l’excès d’utilisation de pesticides. Dans ce « contexte médiatique agressif », l’ANPP veut être prête. Elle a ainsi mis en place un plan de communication solide, qui doit lui permettre de diffuser une image « résolument positive ». Au cœur de la démarche, le label « Vergers écoresponsables » lancé il y a cinq ans. Ce dernier se présente comme « un label rassurant dans un contexte de perte de confiance », estime l’ANPP. L’organisation de producteurs souhaite inciter les pomiculteurs à adhérer à la démarche, encourager les distributeurs à « référencer les pommes labellisées » et convaincre les consommateurs de la qualité sanitaire des pommes estampillées « Vergers écoresponsables ». Opération vergers ouverts, média training pour les pomiculteurs, présence renforcée sur les réseaux sociaux, supports de communication à mettre en avant sur les lieux de ventes… L’ANPP compte être proactive, afin de prendre les devants quant à d’éventuelles critiques violentes d’associations, relayées par les médias.
La plus grande crainte de la filière reste les attaques des associations environnementales qui écornent l’image de la pomme
L’ANPP prévoit une « petite récolte » en poire
La récolte de poires française, estimée à 134 000 tonnes pour 2016, devrait reculer de 14 % par rapport à l’an dernier, selon l’ANPP. En cause, la « météo peu favorable au moment de la floraison » pour les poires d’été. Les récoltes des variétés automne – hiver s’annoncent plus stables. Les autres États d’Europe s’attendent également à une chute de leurs récoltes, à l’exception des Pays-Bas. La récolte européenne devrait ainsi s’élever à 2,17 M de tonnes, soit une baisse de 9 % par rapport à 2015.