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En 20 ans, la filière française de la pomme de terre a accru sa dépendance vis-à-vis de l’industrie de transformation extérieure, belge notamment, et elle est de plus en plus soumise aux aléas du marché. Ce constat sera le thème que l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) mettra en exergue à son congrès du 14 février.
La France exporte de plus en plus de pommes de terres brutes et importe de plus en plus de pommes de terres transformées. Fin janvier, à quelques semaines de son congrès, l’UNPT a retracé l’évolution du commerce extérieur de la filière en 20 ans et a recalculé les échanges en termes d’équivalent pommes de terre brutes. Il apparaît que l’exportation de pommes de terre brutes est passée de 350-400 000 tonnes en 1990 à près de deux millions de tonnes en 2010. Mais, dans le même temps l’importation de pommes de terre transformées par la France, sous forme de frites principalement a bondi, de 350-400 000 tonnes d’équivalent pommes de terre brutes à 1,4 million de tonnes.
Le problème n’est pas agricole, mais industriel
Autrement dit, la filière française se spécialise comme fournisseur de matière brute, mais laisse filer la transformation à l’extérieur, avec la valeur ajoutée et les emplois. En outre, elle se livre davantage aux aléas de la conjoncture : le marché européen de la pomme de terre est très volatil. Une année excédentaire dans les pays voisins peut réduire les recettes à l’export de moitié pour un même volume exporté.
« Le problème n’est pas agricole, mais industriel », souligne-t-on à l’UNPT. « Nous sommes capables de produire pour Clarebout Potatoes (entreprise belge de transformation). Nous serions autant capables de fournir un industriel français ».
Ce constat avait fait l’objet d’une étude de Jean-Baptiste Danel, inspecteur général de l’agriculture, début 2007, mais « six ans après cette étude, c’est encore pire aujourd’hui », note-t-on à l’UNPT.
Globalement, la filière française de la pomme de terre est de plus en plus exportatrice. Même en incluant la montée des importations de produits transformés, le solde net est passé d’un état négatif en 1990, à -102 millions d’euros, à +269 millions d’euros en 2010.
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