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Filière porcine La filière se donne rendez-vous à l'automne

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Lors de l'assemblée générale d'Inaporc, son président Guillaume Roué a évoqué les hausses de prix concédées au cadran par Intermarché et E. Leclerc et négociées par Stéphane Le Foll, qui ne servent, selon lui, « qu'à passer les assemblées générales ». Le président de la Fédération nationale porcine (FNP) Paul Auffray a donné rendez-vous à la filière à l'automne : « Ça promet d'être très chaud », promet-il.

« Qui croit ici que l'on peut manipuler le marché ? », a lancé le président de l'interprofession porcine (Inaporc) aux opérateurs de la filière venus assister à l'assemblée générale, le 1er juillet. Pour Guillaume Roué, les engagements d'Intermarché et E. Leclerc à appliquer chaque semaine des hausses de prix au cadran de Plérin, via leurs outils de transformations Kermené et JPA, sont illusoires. Si elles peuvent durer dans la filière bovine, où le marché français est directeur, elles ne peuvent qu'être temporaires sur le marché porcin, où l'Allemagne dicte sa loi. « Les Allemands n'ont pas tardé à réagir. L'écart avec l'Allemagne est désormais de 26 centimes. Si ce n'est pas une déclaration de guerre », analyse-t-il. « Le temps gagné permet de passer des assemblées générales... mais ce n'est pas durable ! », lance-t-il en faisant référence à la dernière assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP), à Ploermel, le 12 juin, au cours de laquelle, en pleine période de crise, le ministère de l'Agriculture a été accueilli dans le calme par les producteurs.

La loi Macron

Chez les éleveurs, certains font le rapprochement entre le coup de pouce accordé par Intermarché et E. Leclerc aux éleveurs quelques jours avant la venue du ministre à l'assemblée générale de la FNP, et la suppression d'un amendement de la loi Macron, qui concernait précisément ces deux enseignes. En effet, un amendement à l'article 10 du projet visait à limiter la durée des contrats d'affiliation des magasins à leurs enseignes, qui dérangeait particulièrement E. Leclerc et Intermarché. Cet amendement a été retiré au mois de juin par le président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, avec le soutien du gouvernement. D'autres opérateurs de la filière s'étonnent d'observer que l'engagement de Leclerc ne soit déjà plus respecté au cadran, où seul JPA (Intermarché), ces deux dernières semaines, a opéré des hausses, alors que le prix stagne autour de 1,33€ le kilo, et non 1,4€ le kilo, comme promis.

Rendez-vous à l'automne

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Lors de son discours de clôture, le président de la filière porcine a plaidé pour la création d'un fonds à destination de la production porcine, idée mise entre parenthèse par les hausses de prix accordées par Intermarché et E. Leclerc, ces dernières semaines. Il souhaite que la grande distribution, et non la transformation, émarge à ce fonds : « Qui doit payer ? Le consommateur ! Il a bénéficié de la guerre des prix ». Il fait que le pari que les distributeurs n'auront pas éternellement intérêt à mettre la pression sur l'amont : « Si on tue les nains, il ne restera que Tönnies [principal transformateur de porc allemand, ndlr]. Il pourrait être demain le nouveau Procter & Gamble », a-t-il expliqué. Dans la salle, le président de la Fédération nationale porcine (FNP) Paul Auffray est intervenu pour donner rendez-vous à la filière à l'automne : « Nous avons l'été pour réagir. Que ce soit la contractualisation, la sécurisation, la mise en place d'un fonds, il faut que faire en sorte de se retrouver autour d'une table et d'éviter qu'à l'automne la situation soit catastrophique », a-t-il expliqué. Et de conclure : « Rendez-vous à l'automne, ça risque d'être très chaud ! ». 

Porc français : la FNP invite le président de la Fict à prendre « un aller simple » pour l'Espagne

Un représentant de la Fédération nationale porcine (FNP) de la Mayenne, Mickaël Guilloux, est intervenu lors de l'assemblée générale d'Inaporc, le 1er juillet, pour pointer du doigt la Fict (industrie de la charcuterie), comme le seul maillon qui ne défendrait pas le « porc français » : « J'invite Robert Volut [président de la Fict] à aller en Espagne, et si c'est si bien, je l'invite à prendre un billet simple ! ». Ce dernier a répondu que l'industrie de la charcuterie achetait 85% de son approvisionnement en France (sans préciser s'il s'agissait seulement de la viande), et qu'il manquait en France de certaines pièces, comme le jambon cuit, la viande de coche et les boyaux. Selon lui, la « viande de nulle part » - nom de l'opération des Jeunes agriculteurs pour l'étiquetage de l'origine des viandes sur les produits transformés n'existe pas, puisque les industriels respectent des règles de traçabilité stricte : « Si je ne les respecte pas, je vais en prison. Et je n'ai pas envie d'aller en prison, je préfère l'Espagne ! »

Porcs: les abattages de mai inférieurs de 1,6% en têtes à 2014

Au mois de mai, les abattages de porcins se sont repliés de 1,6% en têtes et de 0,9% en tonnes équivalent carcasse (téc) par rapport à mai 2014, indique le ministère de l'Agriculture dans une note de conjoncture, parue le 26 juin. En cumul depuis janvier, les abattages sont inférieurs de 0,4% têtes, mais supérieurs de 0,2% en téc à la même période l'année passée. Parallèlement, la production française de porcs d'avril est inférieure de 2,3% (en téc) à celle d'avril 2014, mais reste supérieure de 0,8% en cumul depuis le début de l'année. Les exportations sont en repli « de près de 11% par rapport au mois d'avril 2014 déjà impacté par l'embargo russe », relève également la note. Cette baisse correspond à 5 700 téc de moins, réparties à part quasiment également entre Union européenne et les pays tiers.