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La filière Soja de France prévoit une usine dans l'Ouest

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Après l'implantation de deux usines de trituration de soja dans le Grand Est et dans le Sud-Ouest, la filière Soja de France songe à en construire une troisième dans l’Ouest, probablement en Normandie. Le soja non OGM basé sur un approvisionnement local a le vent en poupe.

Après le lancement réussi des usines de trituration de soja Extrusel à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et de Sojalim à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées), la société de financement et de développement Sofiprotéol (groupe Avril) a indiqué le 27 juin conduire un projet de construction d'une troisième usine de tourteau de soja en France. Son emplacement est prévu « aux confins de l’Ouest » pour « alimenter les besoins des filières animales, essentiellement situées dans les Pays de la Loire et en Bretagne », a précisé le directeur d’investissements Cyril Melin, lors des deuxièmes Rencontres Sofiprotéol à Paris.

Développer la production française de soja non OGM

L’usine tournerait à partir des graines de soja du Sud-Ouest excédentaires chez Sojalim, outil flambant neuf dans lequel ont investi le groupe Avril et la coopérative Euralis. Mais cela représente aussi une opportunité pour les agriculteurs de l’Ouest. Le soja est en plein essor, avec un triplement des surfaces depuis 2013. Ainsi, 250 000 ha sont visés en 2025, contre environ 140 000 ha aujourd’hui. « La France importe quelque 500 000 t de tourteaux de soja non OGM, a rappelé Cyril Melin. Il s’agit de substituer à ces volumes » un approvisionnement national. Telle est l’idée du projet « Soja de France » que l’interprofession des huiles et protéines végétales, Terres Univia, souhaite rendre opérationnel dès la récolte 2018.

Antoine Henrion, président de l’interprofession, a rappelé l’intérêt de cette culture pour les producteurs : faire évoluer les systèmes d’exploitation vers davantage de durabilité. Le soja apporte un allongement des rotations, une diversité des cultures, des économies d’engrais et de produits phyto, selon lui. « C’est une production sécurisée car nous l’avons organisée en filière depuis la semence jusqu’à l’assiette », a-t-il expliqué.

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Structuration de la filière

Sofiprotéol fait valoir son rôle de structuration. La filiale d’Avril, en tant qu’actionnaire des usines de tourteau de soja, identifie les synergies entre chaque outil et diffuse les bonnes pratiques, a expliqué Cyril Melin. Connaissant bien la filière, ce partenaire stratégique de l’agro-industrie fédère les différents acteurs de l’amont à l’aval. Le travail mené ces dix dernières années avec le semencier RAGT a permis « le maintien d’un programme de sélection » du soja, a déclaré Claude Tabel, président du directoire de l’entreprise aveyronnaise. RAGT s’intéresse à des variétés qui offrent rendement, tolérance à la verse, aux maladies et à la sécheresse. La précocité fait aussi partie des objectifs, l’intérêt étant d’adapter la culture à des conditions plus septentrionales.

Présenté comme un précurseur de la relance du soja, Extrusel voit d’un bon œil le projet de nouvelle usine de trituration. « On a hâte de voir un outil comme le nôtre en France pour rassurer les clients », a déclaré le DG Michel Duvernois, soulignant le besoin d’une autre unité pour se passer des importations. Le distributeur Carrefour, par exemple, s’approvisionne à hauteur de 8 000 t en France contre des besoins de 170 000 t de soja non OGM, selon les chiffres du DG délégué Jérôme Bédier.

Le soja est en plein essor, avec un triplement des surfaces depuis 2013