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La filière truffe mise sur l’eau face au réchauffement climatique

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À l’occasion de la troisième édition du salon « Truffe une planète à explorer », la truffe se négociait de 90 à 100 €/100 grammes. Des cours élevés cette année, qui s’expliquent par une baisse de la production et un épisode climatique exceptionnel. « Du 1er juin au 30 septembre, nous avons connu une période de sécheresse exceptionnelle en Drôme provençale, explique Bernard Duc Mauge, président de la Maison de la truffe du Tricastin. Nous avons récolté 5 tonnes de truffe noire sur 4 200 ha au lieu des 8 à 10 tonnes en temps normal. Ceux qui ont fait des apports réguliers en eau ont obtenu de meilleures récoltes ».

Lancé début 2016, le programme de recherche « culture Truf » vise justement à pallier le problème du changement climatique, grâce à l’irrigation. « Si les sécheresses estivales deviennent plus fréquentes cela aura un impact sur les truffières, surtout celle sans arrosage, estime Claude Murat en charge des recherches et expérimentations sur la truffe à l’Inrae de Nancy et coordinateur du programme Culture truf. Or, « lorsque les truffières sont bien gérées, avec arrosage et faites dans un sol adéquat, les résultats sont là ».

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Et d’étayer ses remarques par une comparaison réalisée entre deux parcelles de 15 arbres chacune, sur un site expérimental en Charente : l’une arrosée a donné 3 kg en truffes noires, et l’autre non irriguée a donné 200 grammes. Le programme teste aussi des systèmes de paillage et d’ombrage en complément de l’arrosage. Selon le chercheur, la différence de productivité avec l’Espagne, principal concurrent de la France, provient notamment de l’irrigation : « La grande différence entre la France et l’Espagne est la superficie plus étendue des truffières espagnoles et leur gestion en eau. La qualité des sols et l’apport en eau sont des facteurs de productivité incontestable. » La France a un rendement moyen de 3 kg/ha, contre 5,6 kg/ha.

L’enjeu est d’autant plus important que la surface est en expansion. En France, les plantations s’élèvent à 1 000 ha/an. « Il faut planter plus pour répondre à une forte demande qui n’est pas satisfaite », souligne Claude Murat en charge des recherches et expérimentations sur la truffe à l’Inrae de Nancy et coordinateur du programme « Culture truf ».