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Veau de boucherie La filière veau souhaite renforcer sa stratégie à l’export

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La filière veaux de boucherie réussit là où d’autres filières d’élevage ont des difficultés à avancer (gestion de l’offre, contractualisation). La conférence organisée par l’Institut de l’élevage au Space (salon international de l’élevage), le 12 septembre, était l’occasion de faire le point sur les forces et les faiblesses d’une filière qui tente de trouver de nouveaux débouchés.

«La filière est en bonne santé », a déclaré Brigitte Frappat, chef de projet à l’Institut de l’élevage au Space (salon international de l’élevage) le 13 septembre. Un constat qui se fait rare dans les différentes filières d’élevage en France. Les raisons de la réussite sont multiples et surtout historiques. « La gestion de l’offre est pratiquée depuis plus de 50 ans », rappelle Philippe Chotteau, responsable du département Economie des filières à l’Institut de l’élevage. Et ce ne semble pas être l’unique développement qu’ait connu la filière veaux de boucherie, là où les autres filières d’élevage rencontrent des difficultés. La contractualisation existe aussi depuis plusieurs années. « 95% des élevages sont en filière intégrée », poursuit Jean-Marc Chaumet, chef de projet à l’Institut de l’élevage. C’est une activité qui permet d’avoir une « trésorerie » et une « rotation rapide du capital ». En outre, si la filière veaux de boucherie semble échapper à la concurrence extérieure, c’est aussi en partie car la filière est « cloisonnée ». La consommation est principalement concentrée en Europe, et il y a peu d’importations.

Vers un décloisonnement

« Notre filière est cloisonnée. C’était une force. Mais demain ? », s’interrogent les professionnels. Et pour cause, la filière a aussi des fragilités unanimement admises. La consommation de viande de veaux ne cesse de diminuer en France. « C’est une donnée de base depuis longtemps », explique Fabrice Heudier, président Interbev veaux (interprofession bétail et viande). Assurer des débouchés à la production sera un enjeu majeur pour la suite. Les Pays-Bas commencent déjà à exporter vers le Moyen-Orient. En France, les professionnels sont d’accord : l’avenir de la filière passera par une stratégie à l’export vers les pays tiers. Et cela ne se fera pas sans un maintien de la production sur le territoire. C’est pourquoi le renouvellement des générations est aussi un dossier prioritaire. Dans cette filière, « les surfaces nécessaires à l’activité d’élevage sont faibles. La pression sur le foncier freine moins les installations que dans d’autres filières ». C’est une des filières où il y a le plus d’installation hors cadre familial. Par ailleurs, les experts constatent que du côté de l’enseignement, il y a un manque de formation spécifique à l’élevage de veaux. Pour ce qui est de l’investissement initial de reprise, les banques restent frileuses, comme dans les autres filières agricoles. D’autant que le devenir des aides de la Pac préoccupe les éleveurs. « C’est inéluctable, les aides européennes qui seront distribuées ne vont cesser de diminuer, constatent-ils, il nous faudra imaginer un développement sans aides ».

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