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Négociations OMC La filière viande s’inquiète de la stratégie de l’UE à l’OMC

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C’est la consternation chez les professionnels de la viande qui estiment que la Commission européenne brade ni plus ni moins que la capacité de production des filières agricoles en ayant tout lâché dès le début des discussions à l’OMC.

Le bras de fer entre Paris et Bruxelles sur la façon d’aborder la négociation agricole à l’OMC est suivi de très près par toutes les organisations professionnelles de l’amont comme de l’aval de la filière. Néanmoins, la plupart retiennent leurs commentaires ou leurs propositions, en particulier dans l’industrie alimentaire. Une filière se dit très préoccupée, c’est celle de la viande bovine française qui par la voix de la Conférence des présidents d’Interbev (l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes) a publié un communiqué la semaine dernière où elle se dit « consternée » par l’attitude «irresponsable» de la Commission européenne.

«Au-delà du déséquilibre global de cette négociation qui se focalise sur son volet agricole, sans contrepartie significative dans les secteurs industriels ou des services, la Conférence des présidents est consternée par la stratégie irresponsable de démission de l’Union européenne.

« La Commission a bradé tous ses atouts dès le début des discussions. Tant sur le soutien interne que sur la concurrence à l’exportation, elle ne dispose plus d’aucune marge de manœuvre ainsi qu’elle l’a reconnu lors du groupe technique du 18 octobre à Luxembourg.

Souveraineté alimentaire et aménagement du territoire

« Mais c’est sur le sujet essentiel de l’accès aux marchés que les membres d’Interbev sont aujourd’hui le plus inquiets. Il apparaît de plus en plus clairement que le mandat de la Commission est aujourd’hui dépassé et que le négociateur communautaire ne doit plus être autorisé à évoquer ce dossier. Sur ce sujet, Interbev soutient totalement la position du gouvernement français, partagée par 14 Etats-membres.

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« L’abandon de pans entiers des filières agroalimentaires françaises et européennes ne profitera ni aux consommateurs ni aux pays les plus pauvres.

« Dans le secteur des produits carnés, on enrichira quelques opérateurs étrangers dont la compétitivité est fondée sur une économie de cueillette, socialement et écologiquement prédatrice. Les récents accidents sanitaires doivent également nous alerter sur le danger d’externaliser notre approvisionnement alimentaire.

« Dans un monde où 9 milliards d’êtres humains seront en compétition pour la nourriture et l’espace vital, c’est au maintien de nos capacités de production qu’il faut veiller et non à leur disparition programmée.

La souveraineté alimentaire et l’occupation harmonieuse du territoire ne sont pas négociables. »