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La filière viticole et Airbus préparent des actions communes

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Alors que Washington reste à l'offensive quant aux taxes douanières sur le vin français, la filière viticole et Airbus préparent des actions communes d'urgence auprès des autorités de Paris et de Bruxelles, indiquait-on de part et d’autre le 17 février. Une prise de position du président de la République française était attendue le 20 février à Bruxelles ou le 22 au Salon.

« Il a été convenu de définir des actions communes d'urgence auprès de l'Etat français ainsi que l'Union européenne dans les prochains jours, afin de les porter à la connaissance du président de la République française lors du prochain Salon de l'agriculture », ont expliqué la filière viticole et Airbus, dans une déclaration commune, diffusée le 14 février en fin de journée. Airbus et des représentants de la filière viticole française s’étaient rencontrés ce jour au siège d'Airbus à l'initiative du président du Cese (Conseil économique, social et environnemental) de la région Occitanie, Jean-Louis Chauzy. Le but était « d'établir une stratégie partagée et solidaire face au conflit commercial entre les Etats Unis et l'Union européenne ». 

« L’objectif est de faire cesser cette guerre commerciale »

Participaient à cette rencontre le patron d’Airbus, le président du conseil viticole de FranceAgriMer Jérôme Despey, le président de la FEVS (exportateurs) Antoine Leccia, celui des Vignerons coopérateurs de France Boris Calmette, celui de la chambre d’agriculture régionale d’Occitanie Denis Carretier, Jacques Gravegeal, président de président d'Inter Oc (l'interprofession des vins de Pays d'Oc), et Jean-Louis Chauzy.

« L’Europe pourra dans quelques semaines (mars-avril) appliquer elle aussi des tarifs douaniers sur les produits américains, en raison des subventions versées par l’État américain à Boeing. Mais l’objectif est de faire cesser cette guerre commerciale », a précisé le porte-parole d’Airbus. Dans ce bras de fer, Airbus et la filière viticole ont des alliés : les importateurs américains de vin et aussi les compagnies aériennes américaines, car ce sont elles qui importent les Airbus. Et elles ne peuvent pas décider du jour au lendemain acheter des avions à d’autres avionneurs, car « il faut 36 mois entre le moment où une compagnie commande un avion et celui où elle le met en service », précise le porte-parole d’Airbus. Les mécontentements quant à cette taxe se font donc jour de part et d'autre de l'Atlantique.

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Les importateurs américains de vin et les compagnies aériennes américaines mécontents

Washington décide de maintenir la taxe de 25 % sur le vin tranquille

Les autorités américaines viennent d’annoncer leur décision de maintenir les droits de douane additionnels de 25 % qui s’appliquent aux vins tranquilles français, a indiqué la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) dans un communiqué diffusé le 15 février. « Le maintien des taxes américaines va accentuer la baisse des exportations françaises, faisant peser un grand risque sur la pérennité des 4 500 entreprises exportatrices vers les États-Unis, à 95% des PME et TPE », a commenté Antoine Leccia, président de la FEVS. L’organisation « demande solennellement au président de la République de débloquer sans attendre 300 M€ sous la forme d’un fonds de compensation d’urgence, afin d’atténuer les effets de ces sanctions commerciales sur l’ensemble de la filière ». L’entrée en vigueur le 18 octobre dernier de cette taxe a d’ores et déjà entrainé un recul de 17,5% des exportations françaises de vins tranquilles sur le seul dernier trimestre 2019, soit une perte de chiffre d’affaires supérieure à 40 M€, a rappelé la FEVS.