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Vin La filière viticole européenne confrontée au régime des droits de plantation

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La deuxième réunion du groupe européen à haut niveau sur les droits de plantation viticoles aura lieu le 26 juin. La première a été l’occasion pour les producteurs et pour les entreprises de présenter leurs positions. Des positions a priori difficiles à concilier.

Fonctionnement des droits de plantation, effets possibles de la fin de ce régime, tendances des marchés : tels sont les trois thèmes de la deuxième réunion du groupe à haut niveau qui se tiendra le 26 juin à Bruxelles, après la séance inaugurale du 19 avril (1).
Ce groupe se réunira ensuite en septembre pour débattre des aspects économiques et des éléments les plus problématiques liés à la fin des droits de plantation viticoles, et enfin en novembre pour arrêter des conclusions et remettre un rapport au commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos.
Il est composé de deux représentants de chacun des 27 États membres, de six représentants des organisations représentatives du secteur (2), ainsi que des observateurs du Parlement européen, du secrétariat général du Conseil et d'un futur nouvel Etat membre, la Croatie.

« Eviter toute polémique »

Contrairement à ce qui s’est passé pour le groupe à haut niveau sur le secteur du lait, « aucune obligation de résultat n’a été assignée » à celui sur les droits de plantation viticoles, constate la Fédération européenne des vins d’origine (Efow), ajoutant que, a priori, la Commission européenne souhaite seulement « enrichir ses réflexions et attend de ce groupe qu’il lui fasse des recommandations ». Toutefois, selon le président de l’Efow, Riccardo Ricci Curbastro, « la Commission ne pourra pas se contenter de simples recommandations et devra apporter des réponses concrètes et à court terme, c’est-à-dire dans la réforme de la Pac ».
Voulant « éviter toute polémique inutile suite aux propos tenus par le commissaire Ciolos sur les « déclarations simplistes et politiciennes » autour de ce sujet », l’Efow « répond que la Commission doit faire preuve d’écoute et de respect lorsque 15 Etats membres représentant 99 % de la production de vin et 69 % de la population et le Parlement européen dans le rapport Dess s’expriment sur l’avenir du secteur », et qu’ « elle doit surtout répondre aux inquiétudes avec des propositions concrètes ».

Ni « libéralisation totale » ni « interdiction totale »

Les producteurs de vins d’origine contestent aussi l’analyse économique défendue par la Commission. Ils rappellent que « l’Australie, qui était citée comme le modèle d’organisation en 2008 lors de la dernière réforme de la viticulture, ne l’est plus désormais, elle qui a planté massivement et qui connaît une crise sans précédent, contrainte aujourd’hui de procéder à des arrachages de vigne ».
« Alors que l’UE vient de dépenser en trois ans plus d’un milliard d’euros pour l’arrachage de plus de 150 000 hectares, la Commission veut libéraliser totalement la plantation de vigne sur l’ensemble du territoire, c’est de la folie ! », s’étonne par ailleurs Bernard Farges, vice-président de l’Efow et président de la Confédération française des producteurs de vins et eaux de vie de vin à appellations d'origine contrôlées (Cnaoc).
Finalement, estime pour sa part Riccardo Ricci Curbastro, « la libéralisation totale des plantations pas plus que l’interdiction totale de planter, ne constituent des bonnes réponses ». « Nous avons besoin de poursuivre notre développement dans un cadre équilibré et dans des conditions de concurrence loyale entre les Etats membres », souligne le président de l’Efow.

« Impliquer les familles professionnelles sur une base paritaire »

De leur côté, les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE réunies au sein du Copa-Cogeca ont réclamé, par la voix du président de leur groupe de travail vin, Thierry Coste, « le maintien d’un régime européen d’encadrement des plantations pour tous types de vin ».
« Le Copa et la Cogeca estiment qu’il est essentiel de promouvoir le développement d’organisations économiques de producteurs qui assument pleinement la responsabilité économique qui leur incombe, notamment la concentration de l’offre et son adaptation à la demande. Des organisations au sein desquelles les producteurs doivent rester moteurs des stratégies », a précisé M. Coste.
Pour sa part, le Comité européen des entreprises vins (CEEV) affirme que « pour maintenir la cohérence globale de l’organisation du marché du vin », il faut « renforcer le rôle de gestionnaire économique de la filière dans les différents Etats membres et les régions » et l’aider à « assumer sa responsabilité de gestion de la production, y compris les plantations, par le biais, en particulier, d’organisations représentatives impliquant les familles professionnelles sur une base paritaire ».

(1) Voir n° 3347 du 23/04/12
(2) Copa et Cogeca, CEVC (Coordination européene Via Campesina), Celcaa (Comité européen de liaison des commerces agricoles et agrolimentaires), Efow, FoodDrinkEurope

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