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FranceAgriMer La filière viticole s’interroge sur sa stratégie de compétitivité

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La filière viticole française s’interroge sur sa stratégie de compétitivité sur les marchés mondiaux, ont indiqué les responsables chargés du suivi des dossiers viticoles à FranceAgriMer, le 14 novembre, au lendemain du conseil spécialisé de l’office. Cette interrogation fait partie des chantiers de réflexion stratégique demandée par Stéphane Le Foll.

La France a-t-elle vocation à être présente sur tous les segments de marché pour le vin ? Doit-elle tenter la présence sur les marchés de masse à bas prix ? Risque-t-elle dans ce cas de mettre à bas son échafaudage patiemment élaboré d’indications géographiques qui, jusque-là, ont contribué à ses succès ? Les professionnels ont débattu de ces questions de fond, le 13 novembre au matin, avant la tenue de leur conseil spécialisé qui a eu lieu l’après-midi. Cette réflexion fait partie des plans stratégiques, que chaque filière est invitée à définir, à la demande du ministre de l’Agriculture, et ce avant la fin de l’année.
 
Le modèle australien n’est pas transposable en France
Certains professionnels de la filière s’inquiètent de voir la France perdre des parts de marché, constat d’autant plus regrettable que le marché mondial ne cesse de s’étendre. Ils sont tentés par la conquête des marchés mondiaux au moyen de prix plus modérés, et pour y parvenir, par des rendements plus élevés. « Demain, si une enseigne de distribution est prête à contractualiser avec un négociant pour de gros volumes de vin mousseux, elle ne trouvera pas en France des négociants capables d’honorer une telle demande », a indiqué Éric Rosaz, délégué des filières viticole et cidricole à FranceAgriMer, citant un exemple de question que se pose la profession. La réglementation française ne permet pas la réalisation d’un tel projet.
De même, le marché mondial du vin en vrac se développe dans le monde. Mais ce développement correspond-il aux créneaux français ? « Le segment des vins en vrac, à l’australienne, n’est peut-être pas transposable à l’offre française », a ajouté Anne Haller, chargée de mission OCM viticole à FranceAgriMer.
« Il y a quelques années, la mode était de présenter la voie viticole australienne comme un modèle. Or, l’offre australienne a perdu la moitié de sa valeur sur le marché anglais il y a environ cinq ans », a précisé Éric Rosaz.
« Ce n’est pas parce que le marché mondial se développe massivement qu’il faut compromettre tout ce qui été bâti jusque-là », a souligné Anne Haller.
Dans cette réflexion sur le positionnement du vignoble français, les professionnels sont accompagnés par un outil qui a été mis en place par l’UE lors de la réforme de l’OCM viticole de 2008 : le soutien à l’investissement pour le vignoble. FranceAgriMer vient justement d’ouvrir une enveloppe de 150 millions d’euros pour l’investissement au titre de 2014.

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