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La fin d’année, sujet d’inquiétude pour les fabricants de produits festifs

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Les dernières semaines avant les fêtes de Noël et de la Saint-Sylvestre, synonymes de pic des ventes de foie gras, de volailles festives et de saumon fumé, sont placées cette année sous le signe de l’inquiétude, en raison des mouvements sociaux et de la loi Egalim.

Une ambiance peu favorable à la consommation des produits festifs : voilà comment s’annonce la fin d’année pour certains secteurs de l’industrie agroalimentaire qui réalisent une partie significative ou dominante de leurs ventes dans les dernières semaines de l’année civile. Le spectre des Gilets jaunes qui avaient empêché fin 2018 les consommateurs de faire leurs courses les samedis et les magasins d’être approvisionnés est encore à l’esprit comme un mauvais souvenir.

Le climat social marqué par la grève des transports de personnes depuis le 5 décembre ne facilite la venue des consommateurs dans les grandes surfaces. Le Conseil national des centres commerciaux (CNCC) confirme que, depuis le début du mouvement, « les centres commerciaux franciliens ont enregistré une baisse de fréquentation de 6 % », tandis qu’elle était « relativement stable » en province. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) se veut quant à elle rassurante : « les stocks ont été largement anticipés » et donc pour l’instant, « il n’y a pas de problème d’approvisionnement », a assuré Jacques Creyssel, son directeur général, à l’AFP.

Pourtant, l’inquiétude est bien palpable au sein de la filière de foie gras. « Ce serait dramatique si les mouvements sociaux perduraient, empêchant les Français de faire leurs courses de fin d’année, car nous réalisons environ 70 % de nos ventes au cours de la saison festive », s’alarme Michel Fruchet, le président du Cifog (interprofession des palmipèdes à foie gras). Outre la grève des transports en commun, les consommateurs pourraient être gênés par les blocages de dépôts de carburants qui ont lieu de façon éparse pour l’instant. Mais la plus grande crainte vient de l’approvisionnement des magasins. Or, le ravitaillement des grandes surfaces est concentré sur la période 10-23 décembre pour le foie gras. Le mi-cuit, avec une DLC d’un mois, a commencé à arriver dans les magasins, mais la mi-décembre est stratégique pour le foie gras cru disposant d’une DLC de 14 jours. « Les journées du 16, 17 et 18 décembre sont des pics de livraison qu’il ne faut pas rater », souligne Michel Fruchet.

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Les conséquences d’Egalim

Autre sujet d’inquiétude : l’impact de la loi Egalim qui limite les promotions, alors que les ventes de foie gras étaient les années précédentes très dépendantes des promotions. « L’avant-saison festive est très mauvaise avec des ventes en septembre et octobre en recul de 20 à 30 % en volume » selon Michel Fruchet. « L’impact de la loi Egalim est énorme : il n’y a plus de mise en avant du foie gras, or si le client ne voit pas le produit, il ne l’achète pas », poursuit-il. La filière demande que le foie gras soit considéré comme un produit saisonnier et donc non soumis à l’encadrement des promotions, comme le demandent certains sénateurs (Agra Alimentation du 7 novembre 2019).

« Il est encore trop tôt pour évaluer l’impact des grèves sur les achats de saumon fumé », estime Jacques Trottier, vice-président d’ETF (Entreprises du traiteur frais) en charge du groupe saumon. Le début décembre a été « très timide » selon lui, mais le gros des achats de produits festifs se faisant à partir du 18 décembre, « ça peut se débloquer dans les tout derniers jours, comme cela s’est déjà vu dans le passé ». Motif d’espoir : Noël et la Saint-Sylvestre sont bien placés en milieu de semaine et les intentions de consommation émanant des études d’opinion sont bien orientées. L’enjeu est important pour le saumon fumé dont un tiers des ventes se fait en fin d’année, et qui est aussi concerné par l’impact de loi Egalim. Avant son entrée en vigueur le taux de promotion du saumon fumé en grande distribution était d’environ 40 % contre 25 % désormais.