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Prospective La fin des quotas laitiers, le début d'une nouvelle ère pour l'UE

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Face à la hausse des importations des produits laitiers d'ici à 2018, l'Union européenne a tout lieu d'être rassurée sur la demande liée au marché mondial. Elle devrait également rester « le bassin laitier de référence ». Telles sont les conclusions de Christophe Lafougère, directeur général du cabinet de conseil Gira, lors de l'assemblée générale de Syndifrais, le 2 avril.

Christophe Lafougère, directeur général du cabinet de conseil Gira, en est intimement persuadé, « la fin des quotas est le début d'une nouvelle ère pour l'Union européenne». Lors de l'assemblée générale de Syndifrais, organisation professionnelle regroupant les industriels fabriquant des produits laitiers frais (yaourt, crème…), le 2 avril, il s'est exprimé sur le potentiel de production laitière de l'Europe. Dans un scenario optimiste, il annonce une hausse de 2,2% par an de la collecte laitière en France à l'horizon 2018. Elle augmenterait de 14,1 millions de tonnes dans l'Europe à 27, soit 1,9% de croissance par an. L'Irlande (+5,4%), le Royaume Uni (+2,3%), les Pays-Bas (+3,9%), l'Allemagne (+1,8%), la Pologne (+1,9%) et le Danemark (+3,3%) font également partie des pays dont la collecte va augmenter. « Avec la France et l'Italie, ces huit pays représenteront une hausse de la collecte de 13,8 millions de tonnes. Vu les chiffres, certains pays de l'Europe à 27 vont donc voir leur production baisser », remarque Christophe Lafougère. « Ce nouveau lait servira essentiellement à produire du fromage pour l'UE, du beurre et de la poudre de lait pour l'export. Mais on produira sensiblement la même quantité de lait de consommation et de produits laitiers ultra frais », estime-t-il. Il alerte cependant sur le fait que « la France a peur de produire du lait et qu'elle pourrait devenir la variable d'ajustement » des autres pays européens en termes de production.

Ouvrir enfin le musée du lait

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Il cite la réflexion ironique d'un Américain sur la fin des quotas en Europe : « Ça y est, vous ouvrez enfin le musée du lait ! ». Pour autant, Christophe Lafougère constate que l'UE restera le bassin laitier de référence au niveau mondial. En effet, les modes de production de la Nouvelle-Zélande sont basés sur le pâturage et une année de sécheresse pourra avoir des résultats catastrophiques sur les capacités de production. « Cela explique la stratégie de Fonterra qui cherche à s'implanter en Europe. A l'avenir, la Chine fera le prix du lait et non la Nouvelle-Zélande. La Chine sait qu'elle sera fortement importatrice et cela pendant longtemps. Le gouvernement chinois réfléchit à valoriser localement leur faible production » et à compter sur l'import, observe-t-il. Concernant la Russie, « il y a une vraie volonté de développer la production laitière. Nous ne retrouverons pas le marché perdu par l'embargo russe ». Il s'arrête sur l'Inde, l'un des pays les plus peuplés au monde, premier pays producteur et consommateur de lait à l'avenir mais « dont les frontières sont fermées aujourd'hui ». Les Etats-Unis attirent son attention. D'après lui, « ils sont en train de devenir de plus en plus exportateurs surtout sur la poudre maigre et la poudre grasse ». Il évalue la hausse de la production mondiale à + 97 millions de tonnes entre 2013 et 2018, face à une hausse des importations de 15 milliards de litres, principalement par l'Asie et les pays du Moyen-Orient.