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Coopération La fin des quotas stimule la coopérative Even

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Pour les dirigeants d'Even qui rendaient publics leurs chiffres d'activité de 2014 le 1er avril, la fin des quotas laitiers donne de formidables opportunités pour le futur. L'entreprise investira 70 millions d'euros cette année et vise une forte croissance de la production laitière.

«E N ce premier jour sans quotas laitiers, nous avons le sourire » : Christian Couilleau, directeur général d'Even et de Laïta dont la coopérative est l'actionnaire de référence, aux côtés de Terrena et Triskalia, considère « qu'il n'y a jamais eu autant d'opportunités sur le marché, même si il y a des incertitudes. » Les 3 750 livreurs de lait du groupe (60 % du chiffre d'affaires en lait, 25 % en distribution alimentaire, le reste pour les activités d'amont) ne sont pas loin de le penser. Interrogés sur leurs intentions dans un système ouvert et sans quotas, 70 % d'entre eux ont répondu qu'ils comptent augmenter leur production. L'an passé, Even leur avait octroyé la possibilité de développer de 15 % leur litrage (1,3 milliard de litres de lait en 2013). Ils ont réalisé 7 % de croissance en plus pour atteindre presque 1,4 milliard de litres de lait l'an passé. À ce rythme, Even estime qu'il peut sans difficulté viser les 1,6 milliard de litres d'ici à 2018.

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Raison de cet enthousiasme ? La stratégie du groupe. Even innove sur ses principales lignes de produits et investit lourdement pour guider ses fabrications vers des produits à valeur ajoutée. Elle a bouclé l'an passé un programme de 40 millions d'euros d'investissement, et devrait injecter cette année 70 millions dans ses outils, dont une partie issue du plan stratégique de 80 millions d'euros annoncé il y a moins d'un an.

Even considère avoir des activités bien réparties en portefeuille. D'un côté, de bonnes positions en France et en Europe avec des produits de grande consommation (beurre, fromage, ultra-frais, lait, crêpes) à marque Paysan Breton, et un réel savoir-faire en marques de distributeurs. De l'autre, une croissance attendue dans l'exportation hors d'Europe d'ingrédients secs orientés vers la fabrication de laits infantiles, poudres fermentées, poudres au beurre, lactosérum déminéralisé, protéines spécifiques. Sur son activité laitière – la seule exportable –, Even réalise déjà 38 % de ses ventes hors de France (20 % en Europe, 18 % sur « Pays tiers »). Un chiffre qui pourrait atteindre 50 % d'ici quelques années. Autant de décisions qui confortent des producteurs rémunérés l'an passé 374 euros pour 1000 litres en prix de base, auxquels ont été rajoutés 9 euros pour 1 000 litres en juillet, en guise de retour de résultat. Si le prix baisse cette année (320 euros pour 1 000 litres actuellement), la confiance des producteurs demeure, souligne Guy le Bars, président de la coopérative Even. Laquelle a aussi une bonne image à l'extérieur. Mais les candidats à l'adhésion ne sont pas acceptés, à l'exception de jeunes qui s'installent. « Toute production supplémentaire est pour l'instant réservée à nos adhérents », ajoute Guy le Bars.