Le Crédit agricole et le groupe Edmond de Rothschild ont annoncé à quelques jours d’écart des investissements respectifs de 1 Mrd€ et de 250 M€ dans des entreprises des filières agricole et agroalimentaire.
Ambition du Crédit agricole : financer des sociétés « de la fourche à la fourchette », c’est-à-dire de la semence ou des engrais jusqu’à la transformation et la distribution. Dans le cadre de la présentation, le 1er décembre, de son « projet sociétal », dont les « transitions agricoles et agroalimentaires » constituent l’une des trois parties, le groupe Crédit agricole a annoncé le lancement « dès 2022 » d’un « fonds de private equity et de dette » doté d’un milliard d’euros (Mrd€), à l’échelle européenne.
En 2019, la « banque verte » avait déjà lancé un fonds d’investissement appelé Transitions, doté de 200 millions d’euros (M€), qui visait plus largement « l’agriculture, l’agroalimentaire et l’énergie ». Ce nouveau fonds devrait viser plusieurs stades de développement d’entreprise, et pourrait éventuellement mobiliser en sus des partenaires financiers extérieurs.
Les engagements pour l’agriculture comportent deux autres volets. Le premier est de participer à la « structuration » du marché du carbone agricole, « en devenant un tiers de confiance » dans cette filière, et « pourquoi pas en créant une plateforme ». Et le dernier volet consiste à « continuer » de soutenir l’installation. Et la banque de citer notamment un projet de développement de « plateformes de circuits courts ».
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250 millions pour les protéines alternatives
Autre annonce dès le lendemain, celle de la branche Private equity du groupe Edmond de Rothschild. Dans un communiqué du 2 décembre, le financier a dévoilé un partenariat pour la gestion de 250 M€ avec le fonds de capital-risque Peakbridge, pour « accélérer » la croissance de cette plateforme d’investissement dédiée à l’agri-food tech. Le partenariat, assure le p.-d.g. d’Edmond de Rothschild Private equity, Johnny El Hachem, témoigne de la volonté du groupe « d’accroître notre impact dans des secteurs stratégiques comme l’alimentation et l’agriculture ».
Peakbridge compte pour l’heure une dizaine de start-up dans son portfolio, qui développent des alternatives cellulaires au lait (Imagin Dairy), du gluten hypoallergénique (Ukko), ou encore des substituts végétaux aux bouillons animaux (Med Food Lab). Autant d’entreprises qui permettront, espère Nadav Berger, associé général de PeakBridge, d’accélérer la « transformation profonde de nos systèmes agricoles et alimentaires ». Le partenariat entre les deux structures, précise le communiqué, pourrait « croître par la suite ».
Le groupe Rothschild avait déjà indiqué lors d’une conférence de presse en novembre son intérêt pour l’économie réelle, et les start-up agricoles. Sur le site de sa branche Private equity, l’agro-écologie figure d’ailleurs déjà comme un « marché émergent », aux côtés du « capital croissance Afrique ».