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La fixation du carbone, un enjeu d’avenir pour les forestiers privés

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« La tonne de carbone séquestrée par la forêt est une opportunité majeure à saisir en bonne entente avec les agriculteurs », a lancé Julien Dossier, consultant innovation chez Quattrolibri, le 13 juin lors de l’assemblée générale de la Fédération des syndicats de forestiers privés (Fransylva). D’après lui, « la séquestration de carbone est compatible avec l’exploitation de la forêt ». Il reconnaît cependant que, pour l’heure, le prix de la tonne de carbone n’est pas clairement défini et dépend de ce que les entreprises se fixent. Pour autant, il estime à 100 € par an la valeur d’une tonne de carbone fixée (1 m3 de bois). « C’est une question politique », insiste-t-il, incitant les forestiers privés à s’emparer du sujet. Antoine d’Amécourt, président de Fransylva, a repris le thème dans son discours de clôture, estimant que « la filière bois a des atouts indéniables ». Il a également prôné l’innovation afin de développer de nouveaux marchés en France et, dans ce sens, a demandé « un soutien politique et financier fort », regrettant vivement l’absence du mot « forêt » dans le nouvel intitulé du ministère de l’Agriculture. En parallèle, Isabelle Rey-Lefebvre, journaliste au Monde, a rappelé que les populations s’urbanisent de plus en plus avec des enfants qui partent peu en vacances et connaissent peu la nature. Pour elle, « la forêt peut donc avoir un aspect éducatif » en plus d’une fonction récréative, ce qui peut représenter des sources de revenus supplémentaires. Les forestiers privés sont restés, pour certains, perplexes de ces potentiels revenus issus de la fixation du carbone par les arbres ou de Parisiens en mal de nature. « La forêt ce n’est pas une zone de loisir, mais une zone de production de matière première ! », s’est d’ailleurs exclamé le président de FranSylva Limousin. Stanislas Pottier, directeur développement durable au Crédit Agricole SA, a répondu du tac au tac en tant que financeur : « Dans les appels d’offres aujourd’hui, on voit de plus en plus de clauses concernant la biodiversité et l’environnement » dont la fixation du carbone, tout comme la création d’emploi dans les territoires.

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