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Champignons La flambée des prix de la paille menace le secteur

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Le champignon de Paris, déjà sous la menace de la concurrence chinoise, souffre en plus cette année de la chute de la récolte de blé, sa culture se faisant sur un substrat composé de paille de blé dont les prix ne cessent de flamber.

« Les producteurs de champignons de couche français mais aussi européens ont cette année des difficultés à s’approvisionner en paille », indique Didier Dupin, directeur des organisations professionnelles françaises et européennes du champignon de couche. Une mauvaise récolte de blé cette année en Europe en raison des conditions climatiques a provoqué une envolée des cours du blé et cette situation a pour conséquence une augmentation des coûts de revient dans la culture du champignon, explique M. Dupin : « Le prix de la paille a plus que doublé ces derniers mois passant de 40-50 euros la tonne entre 2003 et 2006, à 80-100 euros actuellement. Pour la culture de champignons de couche, la France consomme 150 000 tonnes de paille chaque année, soit 10 à 12 % de la paille européenne ». Cette année plusieurs champignonnistes français ont été contraints d’importer de la paille d’Espagne tandis que Belges et Hollandais achetaient ce produit dans le nord de la France. L’Europe récolte chaque année 1,2 million de tonnes de champignons de Paris, dont 240 000 tonnes aux Pays-Bas (130.000 t y sont transformés), et ce pays a ravi à la France la place de premier producteur européen. Aujourd’hui la France ne produit plus que 140 000 tonnes par an (les trois quarts sont transformés, et 25 % sont consommés frais) contre 260 000 t il y a une dizaine d’années. Le coût de la main d’œuvre – 40% du prix de revient de la culture – est en grande partie responsable de cette chute de la production en France, pays confronté à la concurrence intracommunautaire, la Pologne ayant en dix ans plus que doublé sa production (220 000 t contre 90 000 t).Mais la Chine (70 % du marché mondial du champignon de Paris) s’affirme comme le concurrent le plus redoutable pour l’Europe. « Ce pays inonde le monde de conserves de champignons, de produits semi-transformés et de surgelés, et pourrait anéantir rapidement la production européenne si les contingents tarifaires européens ne sont pas maintenus », insiste M. Dupin, qui estime nécessaire de « se battre pour conserver cette réglementation ». Avec sa dizaine de millions de producteurs, la Chine a déjà éliminé l’Indonésie du marché mondial. Elle a aussi sérieusement écorné la production américaine, tombée de 500 000 t à 300 000 en cinq ans.

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