La Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs va fêter son cinquantenaire le 14 avril 2005. Ce sera l’occasion de faire le point sur le rôle qu’ont joué les syndicats départementaux et leur fédération nationale, sur la reconnaissance des agriculteurs producteurs de semences vis-à-vis des établissements semenciers et des pouvoirs publics. Si les résultats 2004 sont plutôt bons, la filière s’attend à des difficultés pour 2005, année de transition avant le découplage des aides Pac.
La fédération nationale des agriculteurs mutliplicateurs a vu le jour en 1955 à l’initiative de l’AGPB. Elle va fêter l’évènement le 14 avril à Paris. Dès le départ, les missions de la Fnams étaient la représentation des multiplicateurs de semences auprès du Gnis, la création de syndicats départementaux (on en compte 51 actuellement), la mise au point et la diffusion des techniques de production et la mise en place de contrats types de multiplication. Avec les établissements semenciers, la Fnams a en effet codifié les règles de contrats de multiplication et des prix de références en fonction des normes de qualité très précises. « Ces dispositions font partie des plus grands acquis de la Fnams sur le plan économique », insiste la fédération.
Découplage total en 2006
Ce cinquantenaire va cependant se dérouler dans un contexte difficile car l’activité de multiplication de semences est fortement perturbée par la mise en place de la réforme de la Pac. En effet, à partir de 2006, les aides aux cultures de semences seront découplées en totalité, et non à 75 % comme pour les grandes cultures. « Nous craignons que les producteurs multiplicateurs se détournent de la production de semences après 2006 », explique Robert Pellerin, président de la Fnams. Par exemple, il s’attend à la disparition totale de la production française de semences de vesce qui bénéficiait jusqu’alors d’une aide spécifique Feoga très élevée. « Le Danemark, qui a opté pour une aide régionalisée, va sans doute nous prendre le marché », précise Daniel Dattée, directeur de la Fnams. Ce dernier souligne cependant que la production de semences présente souvent un intérêt dans la rotation, ce qui devrait limiter l’abandon de la culture. « Nous avons un atout en France : c’est la qualité de notre production, qui nous assure tout de même un avenir », insiste le président.
DPU : la Fnams compte sur la réserve nationale
Pour les cultures de semences non aidées (potagères et betteraves), la Fnams a proposé au ministère de l’Agriculture qu’elles puissent bénéficier de droits au paiement unique (DPU) grâce à la réserve nationale. « Le ministre a réellement pris conscience du problème, mais c’est difficile de le faire entendre au niveau européen», avoue Robert Pellerin. Ce dossier est en attente encore aujourd’hui.
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Aides 2005 : un dépassement est attendu en fourragères
Autre crainte : la filière production de semences s’attend à un dépassement important de l’enveloppe d’aide nationale en 2005, avant l’entrée dans le régime de découplage en 2006. Ce dépassement, attendu entre 15 et 20 %, devrait toucher les semences fourragères, de lin, chanvre, riz et épeautre récoltés en 2005.
Pourquoi une telle situation ? En 2005, les aides Feoga en euro/quintal sont maintenues de façon transitoire dans les Etats membres qui n’ont pas encore mis en place le découplage. C’est le cas de la France. Il est alors accordé pour chaque pays un niveau national sur la base des récoltes 2000-2001-2002. L’enveloppe française se situe à 16,6 millions d’euros. Or, les semences fourragères se sont considérablement développées ces deux dernières années en raison d’une demande accrue, d’où une volonté des établissements d’augmenter la production de semences. La Fnams considère que les agriculteurs ne peuvent en aucun cas endosser seuls la responsabilité de ce dépassement et demandent un accord interprofessionnel sur une répartition de la pénalité entre les acteurs de la filière.
La conditionnalité des aides soulève des difficultés
La conditionnalité des aides inquiète aussi la filière semences, notamment les risques de salissement des parcelles par les bandes enherbées et l’application de la directive phytosanitaire. « Notre service technique fournit un gros travail sur des demandes d’homologation de produits phyto à usage mineur », précise Daniel Dattée. Mais il reste encore de nombreuses impasses techniques. Quant à la directive nitrate, « il nous sera difficile de fournir des références pour certaines productions très spécifiques », ajoute-t-il. Bref, il reste du travail pour les équipes de la Fnams.