Pour les éleveurs de veaux de boucherie, la baisse de la valeur des droits à paiements uniques (DPU) en 2014 entraînera une perte de revenu de huit euros par place, assure la Fédération nationale bovine (FNB). Une délégation d'éleveurs est venue interpeller les entreprises d'intégration à l'occasion du Space, le salon international de l'élevage. Ils leur demandent de compenser cette perte en augmentant la rémunération par veau.
À L'OCCASION du Space, le 17 septembre, une délégation d'une dizaine d'éleveurs de veaux de la Fédération nationale bovine (FNB) est venue à la rencontre de plusieurs entreprises d'intégration, dont Van Drie et Mamellor, pour leur demander de compenser la baisse de la valeur des droits à paiement uniques (DPU) en 2014. La baisse reviendrait à huit euros par place, selon la FNB. « Certaines entreprises ont annoncé qu'elles allaient compenser les pertes d'aides PAC d'ici 2019, mais pas pour 2014, explique Catherine Debroize (FNB). ». Marc Butruille, directeur général de Mamellor et président du syndicat de la vitellerie, ne veut pas céder : « Nous ne complèterons pas pour 2014. Nous estimons que nous avons déjà assez augmenté les tarifs via nos grilles de paiement ».
Une colère venue motivée par les revenusLa délégation s'est formée après que l'Institut de l'élevage a présenté une estimation des revenus d'éleveurs de veaux de boucherie sur la période 2011-2013. Selon l'étude, un jeune agriculteur qui a investi dans un bâtiment neuf de 400 places dégage une marge nette de 19 095 euros par an lorsqu'il est rémunéré 120 euros par veau par l'intégrateur, et seulement 3 495 euros pour 100 euros par veau. De plus, « l'investissement ne comprend pas la distribution automatique du lait », remarque un éleveur dans la salle. « C'est la préhistoire », lance un autre. Selon cette même étude, les éleveurs ayant construit un atelier de 200 places en 2003 gagneraient 17 394 euros par an, pour une rémunération de 100 euros par veau. « Et cela ne comprend pas tous les changements de système d'alimentation que nous demandent les entreprises », remarque Catherine Debroize. « Les intégrateurs nous parlent de renouvellement des générations. Nous voulons des actes, il nous faut 135 euros par veau », a tonné le responsable veaux de boucherie à la FNB, Alexandre Merle, à l'issue de cette réunion, avant d'appeler les éleveurs à se diriger vers les stands des entreprises d'intégration.
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ENTRE 2003 et 2013, la consommation d'aliments solides est en très forte augmentation dans la production bretonne de veaux de boucherie. Selon une étude de l'Institut de l'élevage présentée le 17 septembre, à l'occasion du Space, le salon international de l'élevage, elle est passée de 10 à 114kg pour les veaux Prim'Holstein, et de 10 à 86 kg pour les veaux croisés. Les aliments d'allaitement contiennent également de moins en moins de poudre de lait écrémé. Leur portion est réduite à 7% pour les veaux Prim'Holstein et 17% pour les autres races. Parallèlement la durée d'engraissement s'allonge. Elle est passée de 147 à 161 jours pour les Prim'Holstein, et de 144 à 153 jours pour les croisés. Mécaniquement les carcasses se sont alourdies, passant de 132,1 à 144,1 kg en croisés, et de 124,4 à 133,3 kg en Prim'Holstein