La consommation de viande chevaline pourrait apparaître sous de meilleurs auspices en 2006. L’avènement de la viande hachée sous vide en grande surface pourrait contribuer à enrayer la baisse observée depuis longtemps. La FNC et Interbev équins prévoient également de cibler leurs efforts sur la restauration collective et commerciale.
L’année 2006 pourrait voir une relance de la consommation de viande chevaline en France. C’est en tout cas ce qu’espère la Fédération nationale du cheval (FNC), qui présentait une étude lors de son assemblée générale le 30 juin. Suite à un règlement européen du 29 avril 2004, la commercialisation en grande surface de viande chevaline sous vide ou sous atmosphère contrôlée sera autorisée en France à partir du 1er janvier 2006. « Ce sera un produit d’appel», explique Timothé Masson de la FNC et d’Interbev Equins, qui voit des espoirs dans ce nouveau débouché pour relancer une consommation en diminution quasi-constante.
Baisse de la consommation de 6,4 % en 2004
Après deux pics de hausse en 1996 et 2001, au moment des crises de la vache folle, la consommation de la viande chevaline a retrouvé sa baisse engagée il y a déjà plus de 20 ans (voir schéma). En 2004, elle a chuté de 6,4 %, alors que celle des gros bovins diminuait de 2,4 % (-2,2 % pour les veaux). A l’exception de l’Espagne et l’Autriche, où la consommation reste faible, les autres pays européens ont suivi la même tendance d’une baisse de la consommation. Aujourd’hui, la consommation française ne représente plus que 25 300 tonnes équivalent carcasses (tec), derrière l’Italie à 67 500 tec. Mais malgré une faible consommation, la France reste largement déficitaire pour environ plus de la moitié de sa production. Elle fait largement appel à des importations en provenance de pays de l’Est, de Pologne essentiellement et également d’Espagne. Selon Timothé Masson, « la production de viande de cheval n’est pas véritablement dans la culture française. Beaucoup d’éleveurs ne se considèrent pas comme producteur de viande ».
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Cibler la restauration commerciale et collective
« Alors qu’en Suisse, beaucoup de restaurants proposent de la viande de cheval, un seul établissement en région parisienne le fait », indique Timothé Masson. Pour pallier ce manque, la FNC et Interbev Equins prévoient une prochaine campagne de sensibilisation, auprès de la restauration collective et commerciale, en partenariat avec le Centre d’information des viandes (CIV). Afin de proposer une viande plus facile à travailler pour les bouchers, l’Ofival semble par ailleurs intéressé par l’étude de faisabilité d’ateliers d’engraissements d’un hybride, entre quater horse et cheval lourd, procurant un meilleur rendement en viande rouge.