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Coopératives La FNCuma réorganise son réseau

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La FNCuma vient de se doter, à son congrès de Bourg-en-Bresse, les 5, 6 et 7 juin, d’une nouvelle organisation de son réseau, avec la création de 5 pôles de coordination-appui. Le congrès a été également l’occasion pour les Cuma d’exprimer ouvertement leurs souhaits de voir leurs activités s’ouvrir plus facilement à l’Europe et au développement territorial.

Une nouvelle organisation pour les Coopératives d’utilisation de matériels agricoles (FNCuma). Réunies en congrès à Bourg-en-Bresse (Ain), du 5 au 7 juin, elles ont adopté à une large majorité (74 %), une charte de « 10 orientations pour réussir le réseau ». Cette charte instaure la création de « pôle de coordination-appui » ou PCA, visant à « coordonner et développer des initiatives, des études ou des opérations de communication ». 5 pôles de coordination-appui voient le jour : Sud-Ouest (regroupant les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées), Ouest (Bretagne, Pays de Loire, Basse Normandie), Centre-Ouest (Poitou-Charente, Centre, Limousin), Nord-Bassin Parisien Est (Nord-Pas-de-Calais, Haute-Normandie, Champagne-Ardennes, Picardie, Ile-de-France, Alsace, Bourgogne, Lorraine, Franche-Comté) et Centre-Est-Méditerrannée (Auvergne, Rhône-Alpes, PACA et Languedoc-Roussillon), La charte prévoit que chaque pôle, regroupant entre 2000 et 3000 Cuma, aurait au minimum un salarié à temps plein, cofinancé à 50/50 par la FNCuma et les PCA.

Multi-fonctionnalité et le Multi-sociétariat

Cette nouvelle organisation du réseau passe également par une réforme statutaire de la FNCuma. Le conseil d’administration est restreint à 26 membres (au lieu de 36), « tenant compte du découpage des PCA ». Par ailleurs, le congrès de la FNCuma n’aura lieu désormais que tous les trois ans. Cette nouvelle organisation se veut également le vecteur pour une meilleure ouverture des Cuma « aux dynamiques territoriales ». « La mutualisation de moyens ne peut pas s’arrêter aux portes des exploitations agricoles. La solidarité doit devenir territoriale. Sinon, elle risque de se transformer en simple corporatisme », a souligné Jean-Pierre Carnet, fraîchement réélu à la présidence de la FNCuma. Pour lui, « l’avenir de la ruralité, des coopératives et de l’Europe sont entremêlés ». « Les alliances inter-coopération avec des fédérations de coopératives, pas forcément agricoles doivent se développer ainsi que la multi-fonctionnalité et le multi-sociétariat des coopératives », estime Jean-François Draperi, directeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), intervenant lors du débat « Coopératives et ruralités en Europe ».

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Coopératives transfrontalières

« Les agriculteurs doivent pouvoir travailler avec leurs voisins ruraux et développer des coopératives transfrontalières. C’est possible, la législation le permet. C’est le cas entre la Suède et le Danemark » souligne pour sa part Donal Cashman, président de la Cogeca. Un sentiment partagé par l’ancien ministre de l’Agriculture, Henri Nallet, également présent, qui voit « une nécessité d’améliorer la complémentarité et la convergence des différents secteurs de coopération ». « La forme coopérative de travail est une forme moderne de compétitivité et de gouvernance, que vous devez faire partager en Europe », a-t-il ajouté. Cette volonté d’ouverture des Cuma prend forme aussi localement. De nombreuses initiatives de coopération avec des collectivités territoriales voient le jour. Mais pour cela, le statut Cuma « est trop rigide et ne permet pas suffisamment cette ouverture au rural », regrette la FNCuma. Des sociétés coopératives d’intérêts collectifs (SCIC) voient alors le jour, dans lesquelles les Cuma ou les agriculteurs sont partie prenante. Pour développer pleinement de nouvelles activités sur les territoires, la FNCuma voudrait une ouverture du sociétariat des Cuma aux collectivités territoriales par exemple, à hauteur de 20 %. Pour l’instant, cette demande est restée vaine. Elle sera formulée une nouvelle fois à la nouvelle ministre, Christine Lagarde, à qui une entrevue a été demandée par la FNCuma.