Les éleveurs de porcs ont dénoncé lors leur assemblée générale le 26 mars, « les distorsions de concurrence » qu’ils subissent et qui pénalisent la compétitivité de leur production sur le plan européen. Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, a promis « d’entamer des discussions avec le ministère de l’Ecologie concernant les zones d’excédents structurels (ZES), afin d’examiner les conditions d’adaptation voire de suppression ». De son côté Jean-Michel Serres a rappelé que la crise était toujours là, qualifiant la récente remontée des cours « d’insuffisante ».
«Malgré la remontée des cours, la crise est toujours là », a affirmé le 26 mars, Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP), à propos des difficultés que connaissent les éleveurs de porcs. « Les coûts de fabrication ne sont pas prêts de diminuer. La seule porte de sortie est la poursuite du rééquilibrage du prix du porc. Mais pour l’heure, c’est encore très insuffisant. L’éleveur est payé 1,40 euro le kilo quand son coût de revient est de 1,65 euro », a-t-il souligné, lors de l’assemblée générale de la fédération à Paris. Jean-Michel Serres a par ailleurs exhorté Michel Barnier à « réduire les distorsions de concurrence » dont souffrent les éleveurs de porcs français par rapport à leurs voisins européens.
Supprimer les ZES
L’Institut technique du porc (Ifip) a remis récemment au ministre de l’Agriculture un rapport entier sur le sujet. Principale distorsion montrée du doigt : la réglementation environnementale, qui, selon l’Ifip, « bloque la production française depuis 10 ans et lui fait perdre sa compétitivité sur la scène européenne ». Michel Barnier promet sur ce point « d’entamer des discussions avec le ministère de l’Ecologie concernant les zones d’excédents structurels (ZES), afin d’examiner les conditions d’adaptation voire de suppression, sous réserve que les efforts de résorption aient atteint leur objectif ». « Cela signifierait que, hors réglementation des installations classées, il n’y aurait plus, dans ces zones, de limitation à la croissance des effectifs. Le choix serait donc laissé aux éleveurs, concernant les modalités de respect des seuils d’apport en azote », a-t-il précisé.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Graisses animales et SPE
Autre distorsion dénoncée : l’impossibilité d’utiliser les graisses animales en France dans la fabrication d’aliments composés. « Leur utilisation permettrait une économie de 0,6 centime/kg par porc produit ! », souligne Michel Rieu, chercheur à l’Ifip. Même si, légalement, l’utilisation de graisses animales est autorisée dans l’alimentation animale, elle ne se fait pas à cause de problèmes techniques liées à la détection de traces de protéines animales, qui, elles, sont interdites. L’Ifip pointe également le financement du Service public de l’équarrissage (SPE) qui alourdit les charges. Michel Barnier a indiqué qu’il était « favorable à une libéralisation du dispositif à l’horizon 2009 »et à « la révision des participations de chaque filière en fonction de l’évolution des gisements ». L’institut regrette par ailleurs que la France ne puisse pas, contrairement à l’Allemagne, recruter une large part de sa main d’œuvre dans les pays de l’Est pour diminuer les coûts de production. Pour le ministre de l’Agriculture, « les problèmes rencontrés actuellement ne sont pas tous dus à des distorsions de concurrence ». Selon lui, « il est primordial de poursuivre la restructuration de la filière pour permettre de rivaliser avec les principaux opérateurs européens et mondiaux ».