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Porcs La FNP ouvre le débat de la sécurisation du revenu

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En pleine crise, la Fédération nationale porcine (FNP) a lancé un débat autour de la sécurisation du revenu, à l'occasion de son assemblée générale le 12 juin. La contractualisation des relations commerciales est le dossier le plus avancé. AgroMousquetaires proposera d'ailleurs des contrats aux producteurs en septembre.

« Avec ce débat, nous avons ouvert la boite de Pandore. Explorons toutes les pistes ! », a lancé le président de la Fédération nationale porcine (FNP) Paul Auffray lors de son allocution de clôture de l'assemblée générale qui se déroulait à Ploermel (56), le 12 juin. Cette assemblée générale fera date comme celle d'une crise porcine « sans précédent », selon les mots du président Paul Auffray, et de l'ouverture de réflexions sur la sécurisation des revenus des producteurs (contractualisation, marchés à terme, assurances). « C'est une première, analyse Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes-d'Armor. On met un peu de côté un système qui ne fonctionnait depuis 40 ans qu'avec l'offre et la demande. Mais je ne vois pas comment faire autrement ». Les producteurs font aujourd'hui le constat de leur incapacité à convaincre les banques de financer leurs projets d'investissements, et cherchent des solutions pour se donner des perspectives. La contractualisation est l'outil le plus avancé, et a été le plus évoqué durant l'assemblée générale. La FNP souhaite que les éleveurs puissent contractualiser une partie de leur production, pas l'intégralité. « Je suis capable de connaître mon prix d'aliment jusqu'en décembre. Si je pouvais connaître le prix de mes porcs, je dormirais mieux », a expliqué le secrétaire général de la FNP, Gilles Pécastaing, lors de la présentation de son rapport d'orientation.

La FNP attend des propositions de contrats

Le syndicat penche pour une contractualisation basée sur des indicateurs de coût alimentaire (cotations matières premières, prix d'aliment de référence...), et se défend de prendre le virage de l'intégration, qui laisse, comme en volailles, peu de marge de manœuvre dans la conduite de leurs élevages. « La contractualisation n'est pas une intégration, c'est un choix, c'est arrêter de spéculer », a défendu Gilles Pécastaing. « Si on y met tout, ça peut ressembler à de l'intégration », étaye Paul Auffray, qui souhaite seulement y mettre les « bases essentielles au maintien de l'activité ». La FNP ne plaide pas pour un contrat type pour tous les producteurs, et se dit ouverte à différents modèles. « J'espère qu'au Space (salon de l'élevage de Rennes qui se déroule en septembre, NDLR) nous aurons des modèles de contrats sur tous les stands des organisations de producteurs, et qu'on aura défini des prix qui ressemblent à quelque chose », a souhaité Gilles Pécastaing. « Qu'il y ait plusieurs modèles qui sortent dans la nature, ce n'est pas un problème », a-t-il précisé. Dans la salle, les réactions ont été mitigées. « On ne gommera pas la compétitivité par les contrats. En Italie, les contrats n'ont pas empêché la baisse de la production. Il faudra d'autres mesures », a par exemple réagi Philippe Bizien, président du CRP Bretagne.

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Contrats collectifs ou individuels

Ce rapport d'orientation a suscité de nombreux débats sur l'utilité des contrats face à la crise actuelle, et sur les formes qu'ils doivent prendre. « Nous avons peur que ces contrats concernent peu d'éleveurs. Il faudra des contrats de masse pour sauver la filière », a lancé un éleveur dans la salle. « Il y aura toujours quelqu'un pour vous proposer du moins-disant. Et puis quel prix ? 1,3€ le kilo, 1,4€ ?, a lancé Sébastien Brishoual (SAS Cochon de Bretagne). Personne ici n'a les mêmes coûts de production. Le contrat collectif est une solution. Chacun de son côté, ça ne marchera pas ! » Ce à quoi le directeur de Gatines viandes, filiale de SVA Jean Rozé (groupe Les Mousquetaires), Patrick Faure a répondu : « Rien n'empêche d'avoir des prix de revient qui s'adaptent aux producteurs ». Les débats sont lancés, et les contrats qui naîtront dans les prochaines semaines nous en diront plus sur l'orientation exacte prise par la filière.

Porcs : AgroMousquetaires proposera des contrats aux producteurs en septembre

Le groupe AgroMousquetaires (Intermarché) proposera en septembre des contrats à destination des producteurs de porcs, a annoncé le directeur de Gatines viandes, filiale de SVA Jean Rozé (groupe Les Mousquetaires), Patrick Faure, lors de l'assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP), le 12 juin à Ploermel (Morbihan), dont le thème était la sécurisation des revenus. Le groupe travaille actuellement, avec ses fournisseurs habituels, à l'élaboration de « contrats d'une durée de 5 à 7 ans ». Ces contrats doivent permettre de ne pas descendre au-dessous des prix de revient des producteurs, a-t-il expliqué, et ne doivent pas fixer de prix plafond. « Il faut que les producteurs puissent aller chercher de la valeur », précise-t-il. Le groupe mène déjà une politique de contractualisation dans d'autres filière : il achète 30% de ses jeunes bovins au travers de contrats.