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crise porcine La FNP trouve son compte dans les mesures d'urgence

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Pour les élus de la Fédération nationale porcine, le plan de soutien à l'élevage du gouvernement du 3 septembre a été mal compris par une partie des éleveurs, et demande à être expliqué « sur le terrain ». Ils se satisfont par ailleurs de la manière dont se déroulent actuellement les promotions sur les viandes fraîches.

Dans la lignée de leur centrale syndicale, la FNSEA, les représentants de la Fédération nationale porcine (FNP) ont défendu, le 9 septembre, le plan de soutien de l'élevage décidé par le gouvernement le 3 septembre dernier. « Toutes les mesures obtenues étaient des demandes de longue date de la profession », a déclaré son président Paul Auffray en conférence de presse. L'accueil houleux, réservé place de la Nation à ces mesures présentées par le président de la FNSEA Xavier Beulin, fait dire à Paul Auffray qu'il « faut prendre le temps d'expliquer sur le terrain ». Pour lui, « ces annonces ont été mal comprises et mal intégrées ». En somme, pour les élus syndicaux, le compte y est : les mesures donneront « les moyens aux éleveurs de passer les mois qui viennent car ils vont être difficiles ». Le syndicat met deux mesures particulièrement en avant : « l'année blanche », qui permettra aux éleveurs en difficultés de reporter leurs annuités d'emprunt de 2015 à la fin de leur échéancier de remboursement, et la « pause réglementaire ». « Ces mesures sont à prendre comme des premiers pas », nuance toutefois la FNP.

Etiquetage viande de France : la FNP demande qu'il soit rendu obligatoire par ordonnance

Pour la Fédération nationale porcine (FNP), il est temps que le ministre de l'Agriculture impose l'étiquetage Viande de France par voie réglementaire. « Nous avons longtemps considéré dans l'interprofession que l'on pouvait travailler de façon volontaire », a expliqué son président Paul Auffray en conférence de presse, le 9 septembre. « Force est de constater que seuls 50 à 60% des produits l'appliquent. Nous voulons pousser le ministre à obliger les opérateurs ! Nous pensons qu'il est possible de passer par ordonnance ». Le marché intérieur est par ailleurs redevenu, comme dans la volaille, l'un des chevaux de bataille de la Fédération nationale porcine. « Les entreprises nous disent que si nous reconquérons notre marché, nous pourrons supporter un différentiel de 10-15 centimes le kilo, mais ça va prendre du temps ».

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Satisfecit sur les promos, danger sur l'aliment

Les élus se sont aussi satisfaits de la manière dont se déroulent depuis début septembre les promotions sur la viande fraîche en grandes surfaces. Au mois de juin, le ministre avait réglementé les promotions dans ce secteur, en encadrant notamment les niveaux de prix en dehors des mois de septembre et janvier. Le mot d'ordre de la FNP, « Pas de promo en dessous de 3€ le kilo » est, selon les élus, bien respecté en magasin, et les volumes écoulés à la hauteur des attentes de la filière. Pour autant, après septembre viendra très probablement, comme chaque année, une période de prix bas jusqu'au printemps. Défenseur d'un prix « minimum » de 1,40 € le kilo au marché au cadran, la FNP craint que ce prix ne soit « difficile à tenir dans les prochaines semaines ». Du côté des charges, la FNP, par la voix de Jeff Trebaol, a estimé que le coût de l'aliment porc charcutier, actuellement de 250 € la tonne était « 20-30 € la tonne au dessus du raisonnable », et demande aux fabricants d'aliments, dont aucun ne connait, selon lui, de difficultés financières, de faire des efforts en faveur des éleveurs.