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Producteurs de fruits La FNPF réclame le respect des règles de pratiques commerciales

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Après avoir interpellé des grossistes à Rungis sur leurs importations de pêches-nectarines espagnoles, le 7 juillet au matin, une délégation de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) a été reçue au ministère de l’Agriculture pour réclamer le respect des règles de pratiques commerciales, notamment celles qui règlementent le prix après vente.

«Nous avons vu ce matin des pêches espagnoles à des calibres invendables et des fruits qui seraient normalement destinés à l’industrie », a rapporté, venant de Rungis, Pascal Clavier, membre du bureau de la FNPF.
« Nous avons constaté aussi des pêches vendues avec prix après vente, à 79 centimes le kilo, alors que nos coûts de productions sont de 1,20 euro », a ajouté Laurent Ducurtil, producteur dans le Gard et membre du bureau de la FNPF.

« Nous ne demandons pas des sous à l’État »

La délégation a demandé que la pratique du prix après vente soit contrôlée, et qu’elle réponde notamment aux critères prévus par la LMAP, à savoir un bon de commande et un bon de livraison accompagnant la marchandise.
« Nous ne demandons pas des sous à l’État, mais qu’il veille au respect des règles », a commenté Laurent Ducurtil. « Nous craignons une spirale mortifère : que des petits malins gagnent du terrain en affaiblissant chaque jour un peu plus les producteurs », a précisé Pascal Clavier.
« Il faut qu’on se serre les coudes. Les grossistes devraient vendre nos pêches comme si c’étaient leurs productions. On est dans une filière qui ne défend pas assez nos produits et qui préfère être opportuniste », a-t-il dénoncé.
Certains grossistes de Rungis ont estimé que les producteurs « se trompent de cible ». « La vraie raison de l’écart de prix, c’est la différence du coût du travail en France et en Espagne et les grossistes n’y sont pour rien », a estimé un négociant, Dominique Maloup. Dans un communiqué qui fait suite à l’entrevue entre la délégation de producteurs et le cabinet du ministre de l’Agriculture, le ministère a souligné que Bruno Le Maire « est particulièrement attentif à la situation des filières fruits et légumes » et qu’il « appelle tous les acteurs au strict respect des règles de commercialisation des fruits et légumes frais, en particulier en ce qui concerne l’interdiction des pratiques de prix après vente et de remise, rabais et ristournes ».

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