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Producteurs de fruits à cidre La FNPFC optimiste pour les débouchés mais moins pour les prix

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Les producteurs de fruits à cidre sont optimistes pour leurs débouchés, mais ils ont des inquiétudes pour leurs prix. En effet, ils voient leurs débouchés s’étendre, mais le retour de bâton pourrait être des prix au rabais imposés par les industriels, ont-ils indiqué lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre (FNPFC) qui s’est tenue le 5 juin à Boisemont (Eure).

Il est peu fréquent d’entendre dire des professionnels de filières que « les voyants sont au vert ». C’est pourtant ce qu’a indiqué la FNPFC dans son rapport d’orientation, concernant les débouchés des producteurs de fruits à cidre. Thomas Pelletier, président de la FNPFC et producteur dans le Calvados, a souligné lors de l’assemblée générale l’émergence d’une nouvelle demande de pommes à cidre pour la fabrication de jus de pommes, de « bitter sweets » (concentrés servant de base à des boissons douces et un peu amères), et aussi pour les compotes.

De nouveaux segments prometteurs

Le segment des bitter sweets est nouveau. La demande des transformateurs pour ce produit est attendue en 2013 de 40 000 tonnes de pommes à cidre. Des cidriers espagnols recherchant des pommes issues de variétés de pommiers particulières achètent 15 000 tonnes de pommes par an. Quant au marché de la compote, il est en expansion car ce type de produit, aujourd’hui vendu en petites gourdes, est pratique d’utilisation et remplace les barres chocolatées, a indiqué Thomas Pelletier. La pomme à compotes représente un potentiel de 300 000 tonnes de pommes. Les industriels que sont Les Vergers de Châteaubourg, Andros et Materne recourent jusque-là en partie aux écarts de triage de la pomme de table. Mais la production de pommes de table a sombré au cours de la dernière décennie, notamment en raison des coûts de production. Les pommes de table sont en effet ramassées à la main et non mécaniquement, pour ne pas recevoir de chocs qui les rendraient impropres à la conservation. Pour la pomme de table, le rythme du ramassage est de l’ordre de 800 kilos par jour sur une exploitation, alors que pour la pomme à cidre, ramassée mécaniquement, il est de 25 à 30 tonnes par jour. Les industriels transformateurs commencent donc à élaborer des contrats avec des producteurs de fruits à cidre, pour constituer au moins en partie leurs approvisionnements.

Des prix non revalorisés

Mais les producteurs veulent anticiper le revers de la médaille : ces nouvelles utilisations donnent la tentation aux industriels d’imposer des prix plus bas. « Sauf cas local ou marché de niche, il n’y a plus de prix de marché en lien avec les coûts de production », a constaté la FNPFC dans son rapport d’orientation. Déjà, les producteurs qui sont restés, pour diverses raisons, hors du circuit coopératif, dont le normand Agrial est le numéro un, « n’ont vu aucune revalorisation » de leurs prix.
Par ailleurs, les producteurs attendent un « décret cidre », qui fixera les notions sur la définition du cidre (une boisson élaborée avec des pommes à cidre), qui clarifierait les nuances entre un cidre brut et un cidre doux, et qui intégrerait les innovations, telles le cidre rosé. Ce décret, élaboré par la Direction générale de là la concurrence et de la consommation (DGCCRF), est attendu pour la fin de l’année.

Cette assemblée générale a été l’occasion de voir venir dans la profession de nouveaux producteurs, issus du monde urbain. Tel est le cas de Nicolas Poirier, 37 ans, qui s’est installé en février 2012, et a fondé la distillerie du Gorvello, dans le Morbihan. Il avait été attaché de presse chez Canal +, puis responsable de la communication des éditions Pocket et 10/18. Il dispose de 5 hectares de verger productif, de 4 hectares de jeune verger non encore productif et plante deux hectares par an pour devenir totalement autosuffisant en pommes.

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