Le dossier de l’échalote de tradition connaît de nouveaux développements. Après la manifestation des producteurs d’échalotes le 6 janvier à Morlaix (Finistère), la FNPL (producteurs de légumes) et la FNSEA « soutiennent sans réserve la position des producteurs et se battront à leurs côtés pour faire retirer du catalogue européen l’inscription des variétés de semis ».
Sur avis de la Cour de justice européenne, le Conseil d’État vient de casser l’arrêté de 1990 qui limitait la commercialisation de l’échalote aux seuls produits obtenus par multiplication végétative. Cette décision autorise donc la commercialisation de produits proches de l’oignon sous l’appellation d’échalotes.
Deux produits différents en termes de production et de saveur
L’échalote de tradition française, plantée bulbe par bulbe, principalement dans le Finistère, « requiert un savoir-faire et des conditions de production qui n’ont fondamentalement rien à voir avec ceux de la production intensive d’échalote de semis », soulignent la FNSEA et la Fédération nationale des producteurs de légumes dans un communiqué commun publié le 9 janvier. Or, « il s’agit bien de deux produits différents tant en termes de production que de saveur ». Pourtant, la Commission européenne a reconnu l’illégalité de l’inscription de ces dernières variétés de semis au catalogue européen, mais « rien n’a été fait ! »
Les deux organisations ajoutent qu’il y va aussi de l’intérêt des consommateurs, « qui ne doivent pas être trompés sur la qualité des produits qu’ils achètent ».
Les producteurs manifestent
Une centaine de producteurs français d’échalotes, selon la police, 200 selon les organisateurs, ont manifesté le 6 janvier à Morlaix (Finistère) pour demander l’appui des pouvoirs publics, face à la production d’échalotes de semis, néerlandaise notamment, qu’ils considèrent comme des oignons.
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Les producteurs exigent un nouvel arrêté rendant obligatoire un étiquetage stipulant « échalote de tradition », ou « échalote hybride de semis » et demandent une aide financière sur cinq ans pour promouvoir leur production.
Assimiler échalote de semi et de tradition, « c’est comme donner le nom de la pétoncle à la coquille Saint-Jacques» », a déclaré Pierre Bihan-Poudec, président de la section nationale de l’échalotes dans la filière des fruits et légumes. Il a dénoncé « un dysfonctionnement de l’Europe qui ne respecte pas sa biodiversité ».
Le marché français de l’échalote représente un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. Le Finistère assure 80 % de la production.