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Prix du lait La FNPL veut négocier des hausses de prix en direct avec la distribution

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La FNPL a décidé de sauter l’échelon de la transformation pour négocier une hausse du prix du lait directement avec la grande distribution. Le syndicat laitier assure avoir déjà reçu plusieurs engagements positifs des distributeurs et appelle la filière à se réunir rapidement pour parvenir à un accord concret. La FNPL souhaite par ailleurs faire apparaître dans la LME (loi de modernisation de l’économie, qui règle les rapports entre fournisseurs et distributeurs) un indicateur de charge afin de répercuter les hausses des coûts de production sur le prix du lait.

La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a lancé un mot d’ordre national le 7 mars à ses sections régionales : rencontrer les centrales d’achat « pour embrayer le pas sur l’annonce faite par Serge Papin de Système U », a annoncé Marie-Thérèse Bonneau, secrétaire générale de la fédération, lors d’une conférence de presse le 12 mars. Le 28 février, Système U s’était dit prêt à réévaluer les prix à la consommation des produits laitiers si cette hausse était intégralement reversée à la production. « La réponse de la distribution a été plutôt positive : Serge Papin l’a dit au Salon, Leclerc l’a dit aujourd’hui, et on a déjà des fédérations qui ramènent des engagements d’Intermarché et de Carrefour », a assuré André Bonnard, trésorier à la FNPL. Avec de telles promesses de la distribution, le syndicat des éleveurs laitiers espère forcer les industriels à enfin prendre en compte les coûts de production dans la rémunération des producteurs. Mais la FNPL ne se contentera pas de simples engagements et demande d’ores et déjà « une table ronde nationale dès que possible avec la distribution » pour arriver à des mesures « concrètes », précise Thierry Roquefeuil, président du syndicat.

Indicateur de charge dans la LME

La FNPL ne se satisfera pas non plus d’une réévaluation ponctuelle des prix du lait mais entend bien pérenniser ces négociations liées au coût de production des éleveurs. Pour cela, le syndicat laitier espère s’appuyer sur le plan exceptionnel de soutien à l’élevage présenté par Stéphane Le Foll en conseil des ministres le 6 mars dernier, et plus particulièrement sur les mécanismes de révision des contrats lorsque le prix des matières premières augmente trop brutalement. « La désorganisation de la fixation du prix du lait a permis à la distribution de tirer le prix (à la baisse) », regrette Thierry Roquefeuil. « Nous sommes dans une situation où l’interprofession n’a plus la capacité de réunir tous les partenaires. Nous attendons donc une réponse politique pour faire évoluer la LME (Loi de modernisation agricole) sur les conditions générales d’achat, dans lesquelles la problématique des coûts de production n’est pas prise en compte », insiste-t-il. La solution de la FNPL est simple, inclure dans la loi l’indicateur de charge que le syndicat a mis au point et qu’elle tente d’imposer dans les négociations entre producteurs et transformateurs depuis plusieurs mois. D’après ses calculs, la fédération assure que le prix moyen du lait aurait déjà dû atteindre les 340€/tonne. Un prix qui reste « l’objectif de moyenne annuelle », souligne André Bonnard. « C’est pour cela qu’il y a urgence à bouger les prix ». Le projet de loi relatif à la consommation censée moderniser la LME sera débattu au mois de juin prochain à l’Assemblée nationale.

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