Réunis en assemblée générale, les éleveurs laitiers de la FNPL demandent un renforcement de la loi Egalim pour une meilleure rémunération. Le ministre de l’Agriculture est allé dans leur sens.
Dernièrement, les producteurs laitiers ont multiplié les actions dans tout l’Hexagone. Leur revendication ? Des prix en supermarché qui couvrent leurs coûts de production pour « une juste rémunération de ceux qui font le lait ». « Il ne faut pas avoir honte de dire “je suis producteur de lait et je veux gagner deux smic” », a clamé Thierry Roquefeuil, le président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) lors de son assemblée générale qui s’est tenue en visio-conférence le 22 avril. Avant de lancer au ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie : « Il faut une loi Egalim 2 qui va vers quelque chose de plus contraignant. »
L’éleveur dénonce « le démon des prix les plus bas » du « vieux monde […] où l’on donne ce qu’il reste aux producteurs », assurant que la loi de modernisation de l’économie (LME) devrait être supprimée. Le syndicat veut renforcer la loi Egalim de 2018 qui prévoyait la construction du prix en marche avant à partir des coûts de production des agriculteurs. Il prône la prise en compte du prix de revient dans la construction du prix payé aux éleveurs et ensuite sa sanctuarisation à toutes les étapes de la chaîne alimentaire jusqu’au distributeur.
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Supprimer la LME
« La loi Egalim n’est pas allée assez loin […] Je suis convaincu que l’approche prix doit être d’une extrême fermeté », lui a répondu Julien Denormandie, en visio-conférence depuis la rue de Varenne. Concernant la LME, le ministre a indiqué « partager pleinement le problème de fond que la loi Egalim ne soit pas revenue sur la loi LME », déplorant « une loi de déflation du prix organisée comme telle ». Ajoutant sous les applaudissements que « la question du pouvoir d’achat est essentielle, mais ne doit pas se régler d’une manière qui réduit la rémunération des agriculteurs. C’est une terrible erreur ». Une proposition de loi du député Grégory Besson-Moreau (LREM) « visant à protéger la rémunération des agriculteurs », et reprenant partie de ces revendications, sera débattue à l’Assemblée nationale en juin.
Par ailleurs, un conseil d’administration électif de la FNPL se tiendra en présentiel fin juin. Thierry Roquefeuil sera candidat à sa propre succession. Le départ de la vice-présidente Marie-Thérèse Bonneau, qui cesse son activité de production laitière, est d’ores et déjà entériné. Elle reste néanmoins présidente de France Carbon Agri.