Estimant que les agriculteurs français ne pourront connaître suffisamment tôt les règles du jeu pour la mise en œuvre des « bonnes conditions agricoles et environnementales » (BCAE), prévue pour 2005, la FNSEA a demandé son report en 2006. Le dossier des bandes enherbées cristallise les tensions.
La FNSEA a fait savoir son mécontentement le 30 juin à l’issue d’une réunion avec le ministère de l’Agriculture consacrée aux dossiers environnementaux. Dans un communiqué intitulé « Reporter une mesure... pour l’équité », le syndicat de Jean-Michel Lemétayer demande que la mise en place des « bonnes conditions agricoles et environnementales » (BCAE) – qui conditionnent le versement des aides PAC dans la réforme de Luxembourg – soit repoussée de 2005 à 2006. Pour quelles raisons ? « Parce que les agriculteurs ne connaissent toujours pas les règles du jeu, qu’on ne sait rien sur la nature des contrôles et sur l’ensemble des BCAE de manière générale », explique Pascal Ferey, responsable du dossier Environnement à la FNSEA. « A quelques jours de la moisson, on ne sait toujours pas où localiser les bandes enherbées (destinées à piéger les pollutions diffuses, ndlr)», déplore t-il. Et de poursuivre : « On demande simplement de la lisibilité, car il ne faut pas oublier qu’après cela il nous faudra faire la tournée des popotes dans les départements pour expliquer les enjeux et les contraintes ».
Jachère
La FNSEA dénonce plus particulièrement le projet du ministère de l’Agriculture concernant les bandes enherbées. « Les pouvoirs publics veulent que tout agriculteur ait l’obligation de mettre au moins 3% de sa jachère en bandes enherbées, même en l’absence de cours d’eau ou de pente ; nous ne pouvons l’accepter», insiste Pascal Ferey. « Que l’on comprenne bien : la FNSEA n’est pas opposée à entrer dans la réforme, mais nous estimons que les bandes enherbées ne sont justifiées que pour les agriculteurs qui ont des contraintes environnementales liées à la proximité de cours d’eau ou dont les parcelles sont en zone d’érosion. A défaut cela rendrait un bien mauvais service aux jachères industrielles et à la filière biocarburant », conclut le syndicaliste. « La sagesse serait d’expertiser toute nouvelle mesure avant de la mettre en place », ajoute la FNSEA dans son communiqué. Elle juge inéquitable le projet du ministère et « n’accepte pas que l’on impose aux agriculteurs français des contraintes nationales sans fondement, et plus lourdes que partout ailleurs en Europe ».
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Par ailleurs, le Conseil de l’agriculture française (CAF), qui rassemble les organisations agricoles majoritaires, devrait présenter autour du 20 juillet ses contre-propositions au projet de loi sur l’eau de Serge Lepeltier.