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Mobilisation La FNSEA manifeste le 24 juin contre l'excès de normes

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La FNSEA a prévu de manifester, le 24 juin, contre l'accumulation des règlementations qui nuisent à la production agricole et contre les négociations de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Si le gouvernement a tenté de la rassurer, elle estime que le problème est plus profond.

LA FNSEA et ses associations spécialisées ont prévu des mobilisations, le 24 juin, contre l'excès de normes en agriculture. Le syndicat veut adresser un « carton jaune » au ministre de l'Agriculture, explique Dominique Barrau, secrétaire général. « On nous a promis une simplification administrative, mais on invente des mesures qui freinent l'activité agricole, et dans le même temps on négocie un accord de libre-échange avec les USA, qui ne produisent pas avec les mêmes normes sociales et environnementales », développe-t-il.

Les ministres minimisent

Problème majeur mis en avant par la FNSEA, une distance d'épandage des produits phytosanitaires par rapport aux habitations que voudrait imposer le gouvernement.

Ce a quoi Stéphane Le Foll et Ségolène Royal, ministres de l'Agriculture et de l'Environnement, ont répondu par un communiqué du 19 juin : « Il n'a jamais été question d'interdire l'utilisation des produits phytosanitaires à 200 mètres des habitations ce qui concernerait une grande partie de la surface agricole nationale », affirment-ils. Les ministres veulent mettre en place des « mesures de protection destinées à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques à proximité de certains lieux sensibles : les écoles, les crèches et les bâtiments de soins comme les hôpitaux ou les maisons de retraites », précisent-ils. Ces mesures de protection envisagées autour de ces bâtiments « sont variées : haies, buses anti-dérives, dates et horaires d'utilisation des produits, etc. En l'absence de mesure de protection adaptée, une distance minimale d'utilisation sera à respecter », développent les ministères.

Avalanche de règles

Mais le problème va au delà de ce seul point, indique t-on à la FNSEA. « On ne nous donne pas les moyens de produire : les contraintes s'accumulent et empêchent les agriculteurs de faire correctement leur travail », explique-t-on.

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« Obligation sans fondement d'augmenter les capacités de stockage, seuil inadapté pour les installations classées, abus d'application dans les règles de police de l'eau, paperasse multipliée dans tous les domaines ... la liste est longue », détaille la Fédération nationale bovine (FNB).

Alors que la production laitière va manquer de bras, « ne désespérons pas les candidats sous une avalanche de pièces à fournir pour simplement entrer dans cette vie active. Ne fragilisons pas les éleveurs qui doivent investir pour la pérennité de leur ferme. Ne complexifions pas à l'extrême au motif de tout sur-sécuriser », ajoute la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). La Fédération nationale porcine (FNP) estime qu'il est « grand temps de recréer les conditions pour que les éleveurs de porcs français puisent s'installer, se développer et travailler dans la sérénité ». L'Association générale des producteurs de blé (AGPB) et la Confédération générale des planteurs de betterave (CGB) participeront également à la manifestation. « J'estime que les pouvoirs publics doivent s'appuyer davantage sur les compétences des agriculteurs, professionnels aux pratiques responsables, connaissant leurs produits et respectueux des règles », déclare Eric Lainé, président de la CGB.

Opposition au traité transatlantique

La FNSEA veut également marquer son opposition au traité de libre-échange que négocient actuellement l'Europe et les Etats-Unis. « Comble du paradoxe, la Commission européenne conduit, avec la bénédiction tacite du gouvernement français, un ensemble de négociations de libre-échange (USA, Amérique du Sud ...) dans le plus grand laxisme quant aux niveaux des normes de production imposées », explique la FNB. « On nous vante le made in France, mais tout est prêt pour qu'on puisse manger américain », dénonce Dominique Barrau.