« À situation exceptionnelle, réaction exceptionnelle », a lancé Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, le 19 novembre. Le syndicat appelle, avec la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) et les Jeunes agriculteurs, à deux journées de mobilisation mardi 25 novembre et mercredi 26 novembre afin de bloquer les laiteries. Jeudi 27 novembre se tiendra un conseil national exceptionnel de la FNSEA et de la FNPL sur le prix du lait alors que les négociations sont toujours au point mort.
Devant la gravité de la situation de la filière laitière et la difficulté de l’interprofession à trouver un accord sur le prix du lait, la FNSEA sort le grand jeu. Un conseil national « exceptionnel » du syndicat et de la FNPL sera organisé le jeudi 27 novembre. L’objectif de ce conseil est de définir l’attitude à tenir dans le cadre des négociations sur le prix du lait toujours au point mort. « Il faut qu’il y ait un accord compris de tous sur le prix du lait », assure Jean-Michel Lemétayer, qui doit veiller à la cohésion de la grande maison. Une cohésion mise à mal avec le bilan de santé de la Pac.
Avant ce rendez-vous, ni la FNSEA et ni la FNPL ne veulent dévoiler leurs dernières cartes en termes de négociation. Ce conseil national est justement fait pour caler une position, explique le leader de la FNSEA. Une posture de négociation encore plus difficile à définir dans un contexte où la conjoncture laitière continue de se dégrader. « L’écart de négociation entre les producteurs et les industriels est difficile à combler malgré la bonne volonté de chacun », résume Henri Brichart, président de la FNPL. Pour faire monter la pression avant ce conseil exceptionnel, deux journées d’action sont programmées le mardi 25 et le mercredi 26 novembre.
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Ecrire aux entreprises
De plus, Jean-Michel Lemétayer appelle les éleveurs à écrire à leurs entreprises afin de contester leur paiement du lait collecté au mois d’octobre, en baisse de 10 à 12 % par rapport à octobre 2007. Les entreprises, qu’elles soient privées ou coopératives, ont appliqué en moyenne des baisses du prix du lait cohérentes avec la position défendue par leur fédération au niveau national. Pour le paiement du lait collecté au mois d’octobre, la baisse du prix payé s’échelonne de 30 euros/1000 litres à 56 euros/1000 litres, précise Henri Brichart, président de la FNPL. « Chez moi, dans ma ferme laitière, j’ai perdu 1 500 euros au mois d’octobre », témoigne Jean-Michel Lemétayer. Cette situation n’est pas sans rappeler celle de 1997 au leader de la FNSEA. Une date clé pour la filière laitière. Dans un contexte perturbé, les acteurs avaient abouti au premier accord sur les modalités de fixation du prix du lait, se rappelle-t-il. Dix années plus tard, c’est le client qui impose au fournisseur un prix sans accord préalable. Dans ce contexte, « il n’est pas concevable de passer un deuxième mois (à savoir le mois de novembre) sans un accord national sur le prix du lait », prévient Henri Brichart.