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La FNSEA renouvelle son conseil d’administration en profondeur

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Avec 28 nouveaux entrants élus au congrès d’Angers le 29 mars, le conseil d’administration 2023-2026 de la FNSEA est renouvelé à plus de 40 %. Au-delà de la présidente Christiane Lambert, de nombreuses figures de premier plan quittent les instances nationales.

Le nouveau conseil d’administration de la FNSEA, élu au congrès d’Angers le 29 mars, est profondément renouvelé, avec 28 nouveaux entrants sur les 64 membres désignés, soit plus de 40 % de renouvellement. En tout, le conseil compte 69 membres, en comptant le président de la commission Statuts et conflits (élu avant le congrès) et quatre membres de droit issus des Jeunes agriculteurs. Le 13 avril, ce nouveau conseil désignera en son sein le bureau de la FNSEA, dont le nouveau président. À la tête de la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux) et du groupe Avril, Arnaud Rousseau est aujourd’hui le seul candidat.

Emmenée par Christiane Lambert, une génération de responsables syndicaux cède la main. Parmi les nouveaux entrants, on compte deux présidents de fédérations régionales : Christophe Chambon (Bourgogne-Franche-Comté), également ancien secrétaire général national des Jeunes agriculteurs, et Fabrice Couturier (Grand Est). Autre figure locale à monter au niveau national : Bruce Guyau, président de la FDSEA de Vendée et fils de Luc Guyau (ancien président de la FNSEA et de l’APCA). Les territoires d’outre-mer, eux, voient tous leurs administrateurs renouvelés, avec les Martiniquais Manuel Jean-Baptiste et Marie-Flore Michel, ainsi que Marie-Rose Séverin (La Réunion).

Départ de figures de premier plan

Du côté des associations spécialisées (AS), de nombreuses figures font aussi leur entrée, en lien avec le renouvellement propre à ces filières, à l’image de Franck Laborde, le nouveau président de l’AGPM (producteurs de maïs). Autres nouveaux entrants : Alexis Hache (CGB, betteraviers), Yohann Barbe (FNPL, producteurs de lait). D’autres responsables déjà en place font leur entrée au CA de la FNSEA, comme Michèle Boudoin (FNO, ovins), Cédric Mandin (FNB, bovins viande) ou encore Bruno Vila (Légumes de France).

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À l’image de l’ancienne présidente Christiane Lambert, 28 membres de l’ancien conseil n’ont pas renouvelé leur mandat. Parmi eux, de nombreuses figures de premier plan du bureau de la FNSEA, comme Henri Biès-Péré ou Étienne Gangneron (vice-présidents), ainsi que, comme annoncé, Joël Limouzin et Henri Brichart (membres du bureau). Du côté des AS aussi, plusieurs présidents sortants quittent également le conseil de la FNSEA : Daniel Peyraube (AGPM), Jacques Rouchaussé (Légumes de France), Bruno Dufayet (FNB) et Thierry Roquefeuil (FNPL).

Congrès sous le signe de l’émotion

Avec un tel renouvellement, c’est sans surprise que ce 77e congrès de la FNSEA, qui a rassemblé 1 500 participants, a été placé sous le signe de l’émotion. Plusieurs standing ovations ont ponctué les débats, la première ayant eu lieu quand Emmanuel Lachaize, le président de la FDSEA du Maine-et-Loire, a évoqué l’engagement de tous les instants de Christiane Lambert, mais aussi celui de sa famille et de ses salariés. L’éleveuse angevine s’est présentée comme « une capitaine et une coach qui force un peu la main pour valoriser les talents de chacun ». Un clin d’œil à sa réputation d’exigence. De son côté, Florence Dabin, présidente du Conseil départemental du Cantal, a évoqué son caractère « volcanique » du fait de ses origines auvergnates.

Le secrétaire général Jérôme Despey et le bureau de la FNSEA ont préparé une séquence rétrospective sur les prises de parole de l’ancienne présidente. Celle-ci est revenue sur ses années chez les Jeunes agriculteurs, qu’elle dit avoir adorées. « Sur l’échelle de Richter du stress, vous êtes à 5, la FNSEA est à 25 ! », a-t-elle lancé aux JA. Quant à l’efficacité de ses propos et de son rôle de porte-voix, « je le mesure au degré de colère de Michel-Édouard Leclerc ! », s’amuse-t-elle. Celle qui reste présidente du Copa souhaite « continuer le débat […] pour 22 millions d’agriculteurs et leurs familles », tout en espérant « sortir de cette opposition imbécile entre agriculture et environnement ».

Plusieurs standing ovations ont ponctué les débats