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Syndicalisme La FNSEA veut la TVA Emploi « pour gagner en compétitivité »

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Lors de ses vœux à la presse, jeudi 5 janvier, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a qualifié la TVA sociale, rebaptisée « TVA emploi », d’« enjeu majeur » pour la profession. « C’est le seul moyen de nous rendre plus compétitifs », a-t-il réaffirmé. Un avis partagé par les autres organisations patronales qui, avec la FNSEA, aborderont le thème dans une tribune ouverte à paraître avant le sommet social de l’Elysée du 18 janvier, où la taxe sera principalement évoquée. Le syndicat agricole participera à l’événement.

Malgré les annonces réitérées du gouvernement sur l’instauration d’une TVA sociale avant la présidentielle, la FNSEA garde la tête froide. « Nous avançons avec confiance et méfiance », a déclaré, jeudi 5 janvier, Xavier Beulin, le président de la FNSEA lors de ses vœux à la presse. « Souvenons-nous que le 23 décembre, Bruno Le Maire nous disait : “TVA emploi ? Rien à espérer”, tandis que quelques jours plus tard, le président de la République déclarait le contraire... Nous notons simplement que les positions évoluent et nous nous en félicitons ». Malgré l’incertitude, le syndicat majoritaire peut pour le moins se réjouir de voir son cheval de bataille pour 2012 en tête des sujets abordés par la droite dans la course à la présidentielle. Un appel du pied à la profession ? « Nous ne sommes pas dans le secret des dieux », a indiqué Xavier Beulin, rappelant également l’intérêt de « tous les secteurs » pour la mesure. Reste que pour l’agriculture, « au premier rang des concernés avec ses trois millions de salariés », la TVA emploi est « un enjeu majeur ». C’est en effet « le seul moyen d’alléger le coût du travail et de gagner en compétitivité », a insisté Xavier Beulin. Et pour y parvenir, le patron de la centrale agricole a sa méthode. D’un côté, il propose d’augmenter les deux principaux taux de TVA à hauteur de 3%, l’objectif étant de dégager 32 à 35 milliards d’euros pour les recettes de l’Etat, afin de compenser la baisse de 5, 40% de la part patronale des cotisations familiales. De l’autre côté – le versant « salariés » –, « nous serons actifs pour une compensation du pouvoir d’achat pour les salaires les plus bas ». Et de proposer d’augmenter de 30 euros par mois les 10 millions de feuilles de paye – tous secteurs confondus – comprises entre 1 et 1,6 fois le smic. Soit un surcoût de 3 milliards d’euros représentant moins de 10% du gain dégagé par les entreprises par la baisse de leurs charges sociales.
Pour le président de la FNSEA, il faut désormais « agir vite ». « Dans la filière fruits et légumes – où la main d’œuvre représente 60% du coût de revient –, nous avons perdu en France ce que l’Allemagne a gagné. Nous devons nous mettre en capacité de résister aux importations et de regagner ces parts de marché perdues ». Mais gare à « l’effet d’affichage, a prévenu Xavier Beulin, si cette mesure cherche à satisfaire les agences de notation, ça ne sert à rien. Nous serons très vigilants sur l’usage de cette ressource ». Le sommet social organisé le 18 janvier à l’Elysée sera l’occasion pour la FNSEA de défendre sa position. Pour peser, le syndicat s’est même allié préalablement à ses pairs patronaux : dans les prochains jours, paraîtra en effet une tribune ouverte regroupant le Medef, la CGPME, l’UPA et la FNSEA, en passe de s’accorder sur les thèmes de la compétitivité, du coût du travail et de la réindustrialisation. Autre rendez-vous important dans le contexte de la présidentielle : le 20 janvier, la plateforme de revendications de la FNSEA sera rendue publique, « sous la forme d’un journal » où figureront « toutes nos revendications économiques, sur l’installation des jeunes, les retraites et la place des femmes dans l’agriculture notamment ».

Mise en place d’un plan de communication

Autre plan d’action pour 2012 : la Fédération ambitionne de rendre la profession « plus audible », « avant avril », et place ainsi l’année à venir sous le thème du « faire savoir ». « Nous allons montrer aux citoyens français ce que représente réellement l’agriculture, qu’elle est un pôle d’excellence, de plein emploi, qu’elle exporte, etc. », a déclaré Xavier Beulin. Aucun plan media n’a cependant été dévoilé, si ce n’est l’usage de « moyens actuels » comme les réseaux sociaux. Le Salon de l’agriculture, du 25 février au 4 mars, concourra sans nul doute à atteindre ce dessein auprès du public, mais aussi des personnalités politiques qui devraient se montrer particulièrement assidues cette année, selon le président de la FNSEA. « Nous profiterons bien évidemment de l’événement pour faire passer nos messages. Auprès des pouvoirs publics, nous voulons inscrire notre activité dans un mouvement durable – alliant à la fois performance économique et environnementale ». Xavier Beulin a cependant dénoncé contre « certains excès de zèle dans ce pays sur l’activité environnementale, incompatibles avec l’activité agricole », en dénonçant notamment les exigences du Grenelle 2 en matière de bassin de captage.
Le congrès de la FNSEA à Montpellier en mars sera aussi l’un des rendez-vous marquants de 2012. Plusieurs thèmes sont déjà inscrits à l’ordre du jour, dont deux phares : le financement et le statut fiscal des entreprises agricoles, avec pour objectif de renforcer l’attractivité du métier. Enfin, dernière échéance et non des moindres : la préparation des élections aux chambres d’agriculture, programmées fin janvier 2013. « Nous irons durant toute l’année à la rencontre des agriculteurs ». Mais le président de la FNSEA a d’ores et déjà mis en garde : la Fédération maintiendra son cap, quelle que soit l’échéance, en termes de co-responsabilité : « Nous ne voulons pas tout renvoyer au pouvoir public. Nous ne devons pas oublier que nous avons une part de responsabilité à assumer ».

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