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La FoodTech continue d’attirer les investissements

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Matthieu Vincent fondateur du DigitalFoodLab Crédits : © ESA/Philippe Noisette

La pandémie de Covid-19 a encouragé le développement de la FoodTech. Les investissements dans les start-up du secteur devraient atteindre des montants records en 2021. Les protéines alternatives en sont l’un des axes forts, avec au moins quatre types de technologies dont le déploiement est plus ou moins avancé.

Les investissements dans la FoodTech devraient doubler à l’échelle mondiale en 2021. C’est le constat qu’a fait Matthieu Vincent, fondateur du DigitalFoodLab, lors de la deuxième édition d’#Esafoodtech. Il était le "grand témoin" de cet événement organisé dans les locaux de l’école d’ingénieurs éponyme à Angers le 25 novembre. « Actuellement il existe 20 000 à 30 000 start-up de la FoodTech à l’échelle mondiale. Et il y a une accélération des montants investis en 2021 », analyse Matthieu Vincent. Selon les chiffres de DigitalFoodLab, le montant de ces investissements s’établirait entre 40 milliards et 50 milliards d’euros pour l’année en cours. Il se chiffrait déjà à 22,3 milliards en 2020, dont la moitié pour les seuls Etats-Unis. L’Europe ne représente que 12 % des sommes investies. De manière paradoxale, le développement de la FoodTech a profité de la pandémie mondiale. « Des gens se sont réveillés et ont eu des idées durant le confinement, notamment sur le secteur de la distribution qui a été très peu disrupté jusque-là et qui affiche un gros potentiel », explique le spécialiste. L’occasion pour lui de rappeler que la FoodTech intègre la production et la transformation, mais aussi la distribution, la livraison ou encore le « consummer service ».

Différencier bruit médiatique et tendance de fond

Pour le grand témoin de cette deuxième édition de l’#Esafoodtech, il est important de définir les innovations qui provoquent un buzz à un instant T et celles qui tiendront leurs promesses sur le long terme. « Il faut séparer le bruit du fond. Ce n’est pas ce dont parle le plus les médias, qui aura le plus d’impact à l’avenir. Il y a cinq ans, il était beaucoup question de système de livraison par box. Aujourd’hui les entreprises qui proposaient ce type de service ont quasiment toutes disparu », relève ainsi Matthieu Vincent. DigitalFoodLab a réalisé une courbe pour classer les nouvelles technologies de la FoodTech selon plusieurs étapes que sont la découverte, l’excitation et le pic d’exposition médiatique, puis la phase de désillusion et le retour à l’anonymat. Les innovations qui ressortiront de cette chute brutale de visibilité pour retrouver une place dans l’espace public seront celles qui s’installeront durablement et massivement pour contester les systèmes en place.

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Les protéines alternatives à différents stades de la courbe

Au cœur de l’actualité pour leur rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique, les alternatives à la viande sont présentes sur la courbe à différent niveau de développement. Selon l’analyse de DigitalFoodLab, les protéines végétales sont les seules à avoir passé les phases d’excitation et de déception et à approcher d’une vraie action de changement sociétal. À l’inverse, les insectes pour la consommation humaine sont dans le creux de la vague. « Il y a cinq à dix ans, tout le monde trouvait ça absolument formidable. Aujourd’hui ce n’est plus vraiment le sujet », commente Matthieu Vincent. Enfin, la viande cellulaire et la production de protéine, notamment de la caséine, par fermentation des levures sont positionnés sur le pic de l’exposition médiatique. « Avec de la poudre de caséine, il est possible de faire des yaourts, des glaces ou du fromage. C’est une innovation qui pourrait remplacer l’industrie laitière en quelques années », prophétise-t-il.

Un process différent, un résultat identique

« Si on veut accompagner le consommateur dans le changement, il faut proposer des produits avec la même apparence que la viande, le même goût, le même prix et dans le même rayon », assure Matthieu Vincent. Selon lui, les propositions qui trouveront un marché demain devront être identiques à ce qui est proposé actuellement, même si le process de fabrication est différent. « L’innovation d’aujourd’hui est axée sur l’idée de ne pas changer l’alimentation de demain. Mais je pense que l’aspect de ce qu’on mange évoluera après-demain, lorsque le consommateur se sera adapté à ces nouvelles technologies. Il existe déjà une start-up australienne qui crée un produit à base des meilleures protéines animales de plusieurs espèces pour créer une viande qui n’existe pas… », rapporte-t-il.

Le développement de la FoodTech a profité de la pandémie mondiale

Ce n’est pas ce dont parle le plus les médias qui aura le plus d’impact à l’avenir