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Bois La forêt francilienne, un puits d'emplois face à la crise

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La forêt francilienne représente 11200 salariés sur l'ensemble de la filière bois. Un colloque organisé par l'Agence des espaces verts d'Ile-de-France à Paris, le 29 avril, a permis de revenir sur un levier de la « croissance verte ».

La forêt francilienne, c'est 269 000 hectares de surfaces exploitables pour 11 200 salariés dans la filière bois. Le colloque organisé par l'Agence des espaces verts d'Ile-de-France à Paris, le 29 avril, était l'occasion pour les acteurs des filières de rappeler que la forêt française dans son ensemble est un levier de développement économique considérable. « Le bois est une des matières premières du futur », a assuré Philippe Gourmain, expert forestier pour le cabinet Rousselin. Bois d'œuvre, bois de construction, bois d'industrie : face à ce développement, Paul Laffon, chef de l'entreprise forestière Extraf, rappelle que l'exploitation forestière en France, « ce n'est pas l'exploitation des forêts primaires d'Amérique du Sud ». En Ile-de-France, par exemple, la forêt croît de 1,4 million de mètres cubes tous les ans.

Filière actrice de la « croissance verte », la filière bois « est en train de prendre de belles parts de marché », explique Véronique Bri-chard, créatrice et gérante d'une entreprise de construction de rénovation énergétique et d'agrandissement bois en Essone. « Dans la région parisienne, les gens ne veulent plus forcément déménager. Mais ils veulent agrandir leur logement. Nos concurrents ? Ce sont les bétonneuses, pas les PME de la construction en bois », assure-t-elle.

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Néanmoins, la filière (les producteurs, les scieurs, les transformateurs, les distributeurs) n'est pas encore totalement sereine. En premier lieu, la conjoncture est plutôt défavorable. Concrètement, « les gens annulent des devis de construction au dernier moment », raconte Véronique Brichard, « même si pour le moment nous avons toujours du travail ». Philippe Gourmain est persuadé que « le bois est le matériel du futur ». Néanmoins, il rappelle que le prix du bois pour les producteurs est sur une tendance baissière lourde depuis des années. Il y a aussi des contradictions flagrantes dans les attentes de la société : « Les gens veulent des bâtiments en bois, mais ne veulent pas de la coupe », déplore-t-il. L'enjeu principal pour cette filière récente et verte reste de structurer une industrie de valorisation du bois en grandes difficultés. Rien qu'en Ile-de-France, près de 50 scieries ont fermé leurs portes ces 40 dernières années.

Main d'œuvre locale et qualifiée

Pourtant, la filière forêt-bois est un puits d'emplois. « Nous devons rappeler aux maîtres d'ouvrage de grande ampleur qu'avec la multitude de PME de la région, nous pouvons jouer collectif face à une grosse commande », témoigne Véronique Brichard. Car en Île-de-France, les maîtres d'ouvrage ont souvent recours à des grandes entreprises qui peuvent venir de régions plus éloignées. Par ailleurs, pour des structures de petite taille (son entreprise emploie cinq personnes à temps plein), avoir de la main d'œuvre qualifiée est une nécessité. « Imaginez des PME travaillant ensemble pour des grands projets : la concentration de main d'œuvre qualifiée mobilisable est considérable… », poursuit-elle. Un paradoxe malheureux pour la filière : les offres d'emplois existent, mais les PME peinent à trouver de la main d'œuvre suffisamment qualifiée. « Les jeunes ne doivent pas s'engager dans nos filières par échec scolaire. Ils doivent le choisir, ce sont des beaux métiers », soutient-elle.