Les Jeunes agriculteurs ont mené une enquête sociologique sur le profil des nouveaux installés en agriculture, ce qui a mené le syndicat a une réflexion sur l’évolution des formations pour accéder au métier.
D’après un sondage réalisé par les Jeunes agriculteurs (JA) et présenté le 14 février, 90 % des jeunes installés interrogés avaient déjà exercé une activité professionnelle avant de s’installer en agriculture. Sur les 500 jeunes interrogés, non forcément syndiqués JA, près de 33 % se sont déclarés pluriactifs et 38 % étaient installés hors cadre familial. L’âge moyen des personnes interrogées était de 30 ans. Plus de 12 % étaient des femmes et plus de 97 % avaient le bac. Pierre-Marie Vouillot, vice-président installation chez les JA, constatait lors du débat à la suite de la présentation des chiffres que bien souvent « l’agriculteur cédant son exploitation n’a pas anticipé sa transmission, comme le jeune n’a pas anticipé son installation. Il s’agit de prévoir un an pour se former. » Il met en avant la nécessité de « personnaliser le parcours de formation ». Christiane Lambert, présidente de Vivea, a rappelé la diversité des profils des jeunes installés, allant du Bac pro au Bac + 5, nécessitant une adaptation des formations. Elle a également fortement insisté sur l’importance d’avoir un bon niveau de gestion lors de l’installation : « Qu’un jeune sache démonter les pistons d’un tracteur, cela ne m’intéresse pas, explique Christiane Lambert. Il faut qu’il soit bon en gestion ».
Dépasser le Bac Pro
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Chistiane Lambert, estime qu’il y a « une vraie différence d’analyse entre un Bac pro et un BTS analyse conduite et stratégie de l’entreprise agricole (BTS acse) », notamment en gestion. Pierre-Marie Vouillot insiste sur la nécessité de continuer à se former tout au long de sa vie, même si en élevage, cela reste compliqué du fait des astreintes. « Un jeune à qui on aura donné le goût de se former durant le plan de professionnalisation personnalisé [appelé aussi 3P, ndlr] retournera plus facilement vers la formation », souligne-t-il. Pour lui, « les jeunes qui s’installent aujourd’hui manquent plus de maturité que de compétences ». « Allez botter les fesses des parents dont les enfants à 14 ans chérissent la couleur et la puissance de leur tracteur ! », lance avec humour Christiane Lambert qui tance aussi les exploitants « dont la femme s’occupe des prix de revient » et de la comptabilité. La question de la partie administrative, appelée aussi « paperasse », rebute plus d’un jeune lors du projet professionnel. Mais comme le déclare Jérémy Decerle, président des JA : « Quand on touche jusqu’à 60 000 euros d’aide directe, on peut peut-être passer un peu de temps derrière un bureau ! ».