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La forte percée de l’éthanol dans l’essence devrait se poursuivre

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L’incorporation de l’éthanol dans l’essence a vivement progressé en 2017 et devrait se poursuivre cette année, selon la collective du bioéthanol, qui a tenu son point presse annuel le 30 janvier. Cela grâce à l’ouverture de nombreuses stations-service distribuant des carburants contenant de l’éthanol, à la convergence des taxes entre l’essence et le gazole et à la reprise de la consommation d’essence.

Sylvain Demoures, secrétaire général du Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA), estime que le SP95-E10 (E10, ou éthanol à 10 % dans l’essence) dépassera le seuil de 50 % de part de marché des essences dans moins de deux ans. En 2021, l’E10 sera moins taxé que le gazole en raison de la convergence des taxes entre l’essence et le gazole. Il est moins cher de 4,2 centimes au litre que le SP95 dans une même station-service, a précisé la collective du bioéthanol, qui est représentée par l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS) et par le SNPAA.

Déjà, dans un contexte de fort rebond de la consommation d’essence (+3,9 %), l’E10 a vu sa part de marché annuelle progresser de 3,3 points en 2017, à 38,8 %, ont indiqué les dirigeants de la collective. L’E10 est ainsi devenu en 2017 la première essence de France devant le SP95, grâce à l’ouverture de 320 stations-service.

Quant aux volumes de Superéthanol-E85 (E85 ou éthanol à 85 %) incorporés dans l’essence, ils ont augmenté de 23 %, grâce à l’ouverture de 106 stations-service en 2017. L’homologation des boîtiers spécifiques permettant d’adapter la combustion de ce carburant à tous les types de voitures laisse augurer une poursuite de la croissance des volumes, que la collective évalue à 25 % cette année.

La France produit 11 à 12 millions d’hectolitres d’éthanol par an, en consomme 8 millions et en exporte le solde, selon le SNPAA.

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Co-produits d’huiles de palme hydrotraitées : 280 000 hectolitres incorporés en 2015, puis 915 000 en 2016

Une nouvelle concurrence, les co-produits d’huiles de palme hydrotraitées

La filière est confiante quant à la croissance du marché de l’éthanol. Avec un bémol toutefois : une concurrence pernicieuse est apparue en 2015, celle de co-produits volatils des HVO, ces huiles de palme hydrotraitées et qui se retrouvent incorporées dans les essences, a signalé Nicolas Rialland, directeur des affaires publiques de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). « Nous déplorons l’absence de spécifications techniques rigoureuses pour ce produit qui n’est pas un bon mélange techniquement. Mais nous estimons qu’il n’a pas un grand avenir, parce qu’il oblige les pétroliers à corriger leur mélange. Il leur est plus facile de rectifier avec de l’E10 ou de l’E85 », a-t-il précisé. Il n’empêche que ces co-produits des huiles de palme hydrotraitées ont été incorporées à hauteur de 280 000 hectolitres en 2015, puis de 915 000 hectolitres en 2016, a-t-il complété.